Croyez-vous en la synchronicité des sphères ? Alors cet article va conforter dans vos convictions.
Hier, deux interviews faites à deux endroits différents, impliquant deux personnalités distinctes, ont été diffusées quasiment en même temps :
– Gilles ATTAF, cofondateur des FFI et président d’Origine France Garantie.
– Et Marc Ferracci, ministre de l’Industrie.
Figurez-vous que les propos du ministre semblaient répondre parfaitement à ceux de Gilles ATTAF.
Le premier parlait sur RMC, dans « Les Grandes Gueules » qui s’étaient déportées sur GLOBAL INDUSTRIE. Le second, dans Le Point.
Allez, j’ajoute une complexité à la théorie de la synchronicité : Le ministre a répondu à des questions de Gilles qu’il n’avait pas encore posé. Ce qui est encore plus fort.
Gilles, entre deux appels à jouer collectif en faveur de l’industrie (Il dit toujours « collectif ». C’est son trouble obsessionnel compulsif à lui), a dénoncé « la concurrence déloyale absolument scandaleuse de la part de pays qui fabriquent ailleurs » que l’Europe laisse faire sans vraiment réagir.
Depuis que la Chine y est entrée, a-t-il poursuivi, on la laisse « ne pas respecter les règles de l’OMC. »
« C’est comme jouer à un jeu avec quelqu’un qui ne respecte pas les règles. On joue au tarot, mais eux ont tous les atouts. » Alors, évidemment, dans ces conditions, c’est plus dur de gagner.
En plus, ni l’Europe ni la France ne défendent correctement leurs industriels.
« Le francolavage (apposition d’un drapeau français sur un produit fabriqué ailleurs) coûte 5 milliards par an aux PME françaises en manque à gagner. »
« Bilan : on laisse entrer des produits fabriqués dans des conditions catastrophiques » et on les achète en pensant que c’est fabriqué chez nous.
Il estime qu’on produit encore de très belles choses dans nos régions. Et qu’on peut réindustrialiser si on le décide vraiment. Il a donc invité (harangué, en fait) les pouvoirs publics à se battre, à réagir.
« Il faut passer d’une société de consommation à une société de production. »
Pour relancer l’ascenseur social, prendre la main sur la décarbonation de notre mode de vie, etc.
Marc Ferracci, dans Le Point, a prononcé à peu près tous les mots capables d’apaiser les douleurs évoquées par Gilles ATTAF :
« Je propose des solutions concrètes : relancer la compétitivité par tous les leviers, réformer la fiscalité et introduire des dérogations pour certaines normes afin d’accélérer la production.
Dans un contexte de tension commerciale, il est également crucial de renforcer les chaînes de valeur en Europe et de lutter contre la concurrence déloyale, notamment face à la Chine. »
Un discours très réaliste.
Reste à savoir si un ministre aux si bonnes intentions pourra maîtriser la machine à décevoir (et à extrémiser les citoyens, du coup) qu’est devenu le millefeuille administratif français.
Les paris sont ouverts.