Hier, j’ai lu un article du Figaro intitulé : « Excédents budgétaire et commercial, record d’exportations hors UE… pourquoi l’économie italienne se porte si bien ».
Il rappelle, via la description des succès économiques que connaît l’Italie :
– Que la France n’a jamais eu besoin de l’Europe pour se tirer des balles dans le pied.
– Qu’il est tout à fait possible de redresser un pays sans sortir de l’Europe.
Au passage, cela conforte notre position vis-à-vis de l’UE. Critique quand ses penchants technocratiques se mettent à tutoyer l’absurde… Sans jamais faire d’elle le bouc émissaire de tous nos problèmes. (Cette position médiane nous vaut quelques engueulades… Qui contribuent, merci aux commentateurs de nos posts, à faire de cette page le « café de l’industrie » que nous voulions qu’elle devienne. Vin rosé en moins.)
Les chiffres de l’économie italienne de 2024 surprennent encore. Elle poursuit son redressement rapide grâce à deux actions rondement menées :
1. Une gestion budgétaire rigoureuse. Elle lui a permis de devenir le seul pays du G7 à réaliser un excédent budgétaire primaire (hors service de la dette). Son déficit public est passé de 7,2 % à 3,4 % du PIB, avec une prévision à 3 % en 2025. Le tout sans faire monter les impôts. Comme quoi, c’est possible. Suivez mon regard. Bref, la sphère publique fait son job.
2. Côté sphère privée, la performance de ses entreprises continue de briller. Notamment à l’export. Son tissu industriel d’ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) montre son dynamisme. Leur transmission d’une génération à l’autre ne souffrant d’aucune fiscalité, elles ont pu rester familiales. Elles restent donc très enracinées dans les territoires transalpins. Pour rappel, beaucoup des nôtres (ETI) ont été vendues à de grands groupes et à des investisseurs étrangers… Parce qu’il fallait bien payer les droits de succession et l’impôt sur la fortune. JusticeSociale.
Alors que les marchés de leurs clients traditionnels stagnaient (Allemagne et France surtout), ces belles ETI ont su diversifier la nature et la destination de leurs exportations.
Il en résulte un excédent commercial en hausse spectaculaire : 54,9 Mds d’euros en 2024 contre 34 milliards en 2023. Les Italiens ont exporté pour plus de 305 milliards d’euros hors UE : Turquie (+23,9 %), Serbie (+16 %), mais aussi ASEAN, OPEP, Royaume-Uni, Mercosur et Japon.
La croissance de secteurs comme la mode, l’agroalimentaire et l’industrie a compensé le ralentissement de l’automobile et des transports.
Parallèlement, l’Italie a réduit son déficit énergétique (65 Mds en 2023 vs 49,5 en 2024). Le gouvernement de Giorgia Meloni souhaite augmenter la part des ENR à 65 %, introduire du nucléaire de nouvelle génération dès 2027 et réduire de moitié les importations énergétiques d’ici 2030.
Bref, quand on prend les bonnes décisions, ça finit par marcher. Même en Europe. Plus d’excuse !