En mars, l’industrie manufacturière de la zone euro a montré des signes de reprise. Certes, l’indice PMI (Purchasing Managers’ Index) publié par HCOB et S&P Global reste en dessous des 50 points. 50 point est le seuil au-delà duquel on est en croissance et en dessous duquel on est en décroissance. Mais il a tout de même progressé pour le 3ᵉ mois consécutif : 48,6, contre 46,5 en février.
Donc, pour ceux qui suivent, si on en croit cet indice très regardé, on décroitrait moins en mars qu’en février. Pas de quoi fanfaronner non plus.
Ce qui justifie mon titre teinté d’espoir, c’est que le sous-indice de production a, quant à lui, franchi ce seuil pour atteindre 50,5. Donc, là, on est légèrement en hausse. Les dépêches Reuters que j’ai consultées estiment que cela « alimente l’espoir d’un retour à la croissance ».
On verra si c’est le cas ou si ce redressement n’est qu’une nouvelle illustration de ce que les traders de Wall Street, qui sont à peu près tous des poètes, appellent « le rebond du chat mort ». En gros, c’est la dernière bouffée d’air du noyé avant de replonger. Oui… Pardon c’est un peu glauque.
C’est le commentaire de Dr. Cyrus de la Rubia, cité par Reuters, qui calme le plus notre optimisme. Le chef économiste chez Hamburg Commercial Bank estime que cette amélioration pourrait être due, en partie, à une anticipation des commandes américaines avant l’instauration de nouveaux droits de douane. Notamment sur l’acier, l’aluminium, les automobiles et certains autres produits. Il avertit qu’un ralentissement pourrait suivre dans les prochains mois.
On peut tout de même se ragaillardir en lisant que, malgré ces incertitudes, les industriels européens restent globalement optimistes. L’indice mesurant la production future se maintient à un niveau élevé, à 59,9, proche de son niveau record et bien au-dessus de sa moyenne de long terme.
En France, les chiffres de l’indice sont aussi en hausse, mais les commentaires sont plus pessimistes. Une autre dépêche Reuters indique que l’indice PMI est passé de 45,8 à 48,5 en mars, atteignant son plus haut niveau en 26 mois. C’est mieux, mais encore en dessous du fameux seuil de 50 points. La situation reste donc fragile.
Tariq Kamal Chaudhry, également de la Hamburg Commercial Bank, estime que l’industrie française lutte encore pour sortir de la récession. Ce qui est le plus inquiétant, c’est que les nouvelles commandes sont en baisse tant sur le plan national qu’international.
L’Europe fait donc un peu moins mal que la France. Ce qui milite pour qu’on se prenne en main sans attendre que l’Europe se réforme… Ce qu’elle a l’air de faire plus vite que nous.
PS : J’ai essayé de produire l’image d’une industrie Européenne sortant de l’hôpital. Je présente mes excuses à la communauté artistique du pays