« Voulons-nous vraiment des usines en France ? » La Tribune de Laurent Moisson vient de paraître dans la Revue L’Audace !
Au 17ème siècle, l’évêque et écrivain Jacques-Bénigne Bossuet, prononçait sa plus célèbre phrase. Il y en a mille versions, mais c’était quelque chose comme ça : « Dieu se rit des Hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes ».
Cette citation est tout à fait adaptée, selon Laurent Moisson, à la posture qu’adoptent les Français concernant leur industrie.
Posture de son élite politique dont nous passons notre temps à souligner l’incurie. Mais aussi posture de sa population qui a placé tout en haut de ses valeurs morales, ces dernières décennies, des principes anti-industriels.
Car, comme l’écrit le co-fondateur des Forces Françaises de l’Industrie, l’industrie, c’est :
– Transformer de la matière première (qu’on ne veut plus extraire de nos mines) en produits,
– À l’aide de capital (que la France critique sans cesse),
– D’énergie (qu’on taxe énormément),
– Et de travail (qu’on taxe et réglemente plus que partout ailleurs).
– Le tout se passe dans des usines dont on a tellement réglementé la construction qu’on met deux fois plus de temps à construire que chez nos voisins.
« Il ne faut donc pas s’étonner que nos élus, soucieux de leur réélection, traitent nos injonctions paradoxales par des gesticulations symboliques à l’efficacité limitée. »
D’autant, ajoute-t-il, que nous avons la manie, depuis cinquante ans :
– D’élire à la tête de l’État des pères Noël qui nous font des promesses, des beaux parleurs qui nous dédouanent,
– Plutôt que des capitaines qui nous engueulent pour qu’on se serre les coudes jusqu’à la sortie de la tempête.
Bref, on chante le matin les bienfaits de la réindustrialisation de nos territoires, capable notamment, de relancer l’ascenseur social…
… Tout en applaudissant, le soir, le vote de lois qui la rend impossible.
À l’occasion de la sortie de son livre “Contes et légendes de la réindustrialisation”, la Revue L’Audace lui a ouvert ses colonnes.
En commençant son chapô par cette phrase :
« Les Français disent aimer l’industrie mais ils s’opposent à tout ce qui lui serait bénéfique, assure Laurent Moisson (qui) nous place face à nos responsabilités. Et appelle à un sursaut de lucidité. »
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