Arnaud Montebourg : « Peut-on encore croire qu’en détruisant l’appareil productif via la grande distribution, on va créer de la richesse ? »

« Peut-on encore croire qu’en détruisant notre appareil productif pour maintenir des prix bas, on va créer de la richesse ? » Dans « Made in Montebourg », Arnaud Montebourg dénonce les pratiques de la grande distribution et un modèle économique qui fragilise les PME françaises.

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La semaine dernière, dans l’indispensable émission BFM « Made in Montebourg », l’ancien ministre évoquait un rapport que vient de publier le Sénat.

Un rapport qui pointe les pratiques des grands distributeurs face aux industriels agroalimentaires.

Il parle de « menace, d’intimidation, de contrainte » utilisées par les acheteurs de nos grands magasins préférés dans leurs négociations.

Le « climat de peur » serait tel que les PME qui sont venues témoigner lors de la commission ont demandé le huis clos et l’anonymat. Ceci, pour ne pas subir les représailles des grands distributeurs.

Les baisses de prix imposées seraient telles que les PME ne pourraient plus faire passer les hausses de coûts des agriculteurs. « Agriculteurs eux-mêmes en difficulté », rappelle l’ancien ministre.

Le point soulevé ici est clé. Cela fait des années qu’on privilégie, en France, le maintien du pouvoir d’achat par l’entretien de prix bas.

Comme on a beaucoup alourdi les prélèvements et les normes de nos entreprises, elles produisent plus cher qu’ailleurs. Alors, on importe. Et on met nos PME dans des situations de concurrence déloyale face à des pays qui ne sont pas contraints aux mêmes normes que nous.

Pourtant, on pourrait faire autrement.

Comme en Suisse ou ailleurs :
– On laisse plus de libertés aux entreprises.
– On les allège de taxes et de normes excessives qui les ruinent.
– Elles se développent et créent des emplois.
– Cela fait baisser le chômage. Et donc cela relance la concurrence entre employeurs. Ces derniers font monter les salaires pour recruter et garder leurs équipes.

Ça s’appelle faire confiance aux entreprises, plutôt que les micromanager et les surtaxer parce qu’on se méfie d’elles.

C’est ainsi qu’on pourrait recréer du pouvoir d’achat, non pas par des prix bas, mais par des salaires hauts.

Dans une interview que j’ai faite récemment, Pierre Gattaz me disait que, lors d’une visite en Suisse, un de ses interlocuteurs lui a dit : « En France, vous avez un supermarché par village. Nous, nous avons une usine par village. »

Visiblement, devenir un pays de producteurs, ça marche mieux, à la longue, que devenir un pays de consommateurs.

Les Forces Françaises de l’Industrie sont un mouvement d’entrepreneurs, d’investisseurs et de citoyens. Nous militons et agissons (investissement dans les PME, entraide, influence) pour refaire de la France un pays qui produit, qui cultive, qui innove et qui construit.

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