Quand la Sécu pousse à la délocalisation de nos usines de médicaments.

« En imposant des prix toujours plus bas, la Sécurité sociale risque de pousser les laboratoires à produire ailleurs et d’accroître notre dépendance aux importations de médicaments. »

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Isabelle Van Rycke, patronne d’UPSA, vient de lancer un cri d’alarme.

Le comité d’évaluation des politiques de santé demande des prix tellement bas qu’il devient difficile de produire des médicaments en France.

Comme l’explique Nicolas Doze dans cet extrait, ce comité fixe le prix des médicaments en France. Il regroupe la Sécurité sociale et les autres organismes qui remboursent les médicaments. On les appelle les « payeurs ».

On le sait, la Sécu étant devenue le guichet de paiement de tous les avantages sociaux qui nous passent par la tête, elle est ruinée.

Elle cherche donc de l’argent partout. Notamment en réduisant le prix des médicaments, qui ne représentent pourtant plus que 10 % de ses dépenses.

Pour ce faire, elle fonctionnerait exactement comme la grande distribution :
– Elle étrangle ceux qui produisent en France.
– Tout en pratiquant l’importation massive en provenance de pays à bas coût.

C’est ainsi que la France, ancienne puissance de l’industrie pharmaceutique, importe l’immense majorité de ses médicaments de Chine ou d’Inde. Des pays qui peuvent décider de ne plus nous livrer si nous nous fâchons avec eux. Ou en cas de pénurie mondiale. (Souvenez-vous que les pandémies, ça peut arriver).

Voilà pourquoi il faut entendre l’appel de la patronne d’UPSA.

Elle fabrique à Agen l’intégralité des produits de marques aussi connues que le Dafalgan ou l’Efferalgan.

Elle les a d’ailleurs fait certifier Origine France Garantie. Car, non contente d’employer 1 500 collaborateurs et de générer 3 500 emplois indirects en Région Nouvelle-Aquitaine, l’entreprise est en train de rapatrier la production de son principe actif.

En se comportant ainsi, la Sécu tourne le dos aux valeurs qui ont présidé à sa création. Mais, en plus, elle fait la même erreur stratégique que la grande distribution. Elle oublie qu’en encourageant la désindustrialisation, elle participe à la disparition d’emplois bien payés en France.

Or, appauvrir ceux à qui on vend ou sur qui on prélève des cotisations n’est pas un bon calcul de long terme.

Par ailleurs, en imposant des prix si bas, la Sécu démotive les laboratoires pharmaceutiques à nous vendre leurs produits. Ces derniers priorisent les marchés où ils peuvent mieux gagner leur vie. Et servent moins bien la France.

Vous vous demandiez pourquoi nos pharmacies sont en pénurie de certains médicaments de plus en plus souvent ? Ne cherchez pas plus loin.

Voilà comment on a réussi, en la technocratisant, à transformer la magnifique idée qu’était la Sécu en une machine infernale qui joue contre les intérêts de ceux qu’elle doit protéger.

Pour mieux comprendre l’industrie du médicament, écoutez l’interview de Laure Lechertier (UPSA). Nous venons de la mettre en ligne sur la chaîne de podcast des Forces Françaises de l’Industrie.

Elle est disponible sur toutes les plateformes d’écoute.

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