Arnaud Montebourg : la bureaucratie européenne fait fuir nos startups de biotechnologie vers les États-Unis ou les ferme.

« L’Europe forme des chercheurs de haut niveau, mais ses lenteurs réglementaires poussent ses startups à se développer ailleurs, souvent avec des capitaux américains financés par l’épargne européenne. »

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Nouvel extrait de l’indispensable interview croisée d’Olivier Lluansi et d’Arnaud Montebourg sur l’indispensable chaîne Thinkerview. (Lien en bas).

Et nouvel exemple du machin qu’est devenue la Commission européenne.

Selon l’ancien ministre de l’Économie devenu entrepreneur :
– Les demandes de mise en marché et autres autorisations administratives sont tellement lentes et complexes en Europe que nos startups filent aux États-Unis.
– Le tout financé par des fonds américains qui captent l’épargne européenne.

Donc, résumons-nous :
– On finance à grands frais la formation de chercheurs de classe mondiale.
– Et dès qu’il faut toucher le retour de cet investissement, ils partent pour développer leurs entreprises ailleurs. Pourquoi ? Parce qu’on se méfie tellement de ce qu’ils font qu’on les contrôle à outrance. Oui, c’est la méfiance qui est mère du contrôle et de la norme, les amis.
– Et comme on préfère investir dans les entreprises américaines que dans les entreprises européennes, c’est avec notre argent qu’est financée cette opération.

Si vous aviez besoin d’une formule montebourienne pour égayer votre journée, en voici une :

« Les autorités indépendantes de ceci et de cela, qui sont aussi indépendantes que ma belle-sœur vis-à-vis du diacre, c’est à fermer ! »

Après cette critique, je m’empresse de préciser deux choses.

Si les épargnants européens financent plus volontiers les entreprises américaines, c’est parce qu’elles sont plus rentables que les entreprises européennes.

Notamment parce qu’elles sont moins taxées et moins régulées qu’en Europe. C’est encore plus vrai en France qu’en Europe.

Le choix des épargnants, à défaut d’être patriotique, est donc rationnel.

Alors, évidemment, on peut se demander pourquoi :
– Les épargnants rationnels qui font ce choix
– Continuent, en tant qu’électeurs, à voter pour des gouvernements qui refusent de réformer le système qui fait que les entreprises américaines sont plus rentables que les nôtres. Schizophrénie Française

Précision n° 2 :
– Nous n’avons pas attendu l’Europe pour transformer la merveille d’efficacité qu’était l’État français gaullo-pompidolien en usine à gaz incapable de lacer ses chaussures.
– Il est d’ailleurs plus probable que ce soit la culture technocratique française qui ait colonisé l’Europe que le contraire.

Donc, non, le Frexit ne réglera aucunement ce problème. L’Europe n’est pas responsable de tous nos maux, même s’il faut la réformer d’urgence.

Le talent français pour se tirer des balles dans le pied nous permet d’échouer sans l’aide de personne. C’est d’ailleurs ce que nous faisons avec brio depuis bientôt 50 ans.

Pendant ce temps, la plupart des pays européens se sont réformés, eux.

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