Décidément, l’audition d’Arthur Mensch devant l’Assemblée nationale a été passionnante.
Elle permet de comprendre à quel point l’intelligence artificielle est en train de redistribuer les cartes économiques, géopolitiques et civilisationnelles. Et ce, à toute vitesse. La révolution en cours rend complètement obsolètes la plupart de nos débats actuels. Tant les ruptures qu’elle engendre bouleversent la plupart des secteurs économiques.
Notamment celui de l’énergie.
En la matière, l’idée qui se dégage des analyses du patron de Mistral AI est claire.
La question n’est pas ENR ou nucléaire. Mais produire beaucoup plus d’électricité, et ce, le plus vite possible. Quel qu’en soit le moyen (à condition qu’il soit rentable et décarbonné).
Car visiblement, les besoins explosent et la demande a été largement sous-estimée.
Cette vision va plaire à notre membre FFI Christian Giudicelli. Ce dernier ne cesse de répéter la complémentarité des technologies de production d’électricité.
Ce qu’explique Arthur Mensch, c’est que la matière première de l’IA, c’est l’électron. Et celui qui la capte sera en mesure de produire ce que les autres ne pourront pas faire.
En réalité, il faut voir chaque data center qui s’installe comme une mine qui s’ouvre. Une mine avec un propriétaire, un géant de la tech, qui pourra l’exploiter pour transformer l’électricité en token et ce token en revenus à 50% de marge. Une marge qu’il rapatriera dans son pays, ne laissant que 10% de la valeur à celui à qui il achète l’électricité.
En France, on aime s’écharper sur l’énergie. Comme sur beaucoup d’autres sujets techniques et économiques qu’on a exagérément politisés. C’est l’une des idées que je développe dans mon livre « Contes et légendes de la réindustrialisation ».
Mais voilà, à force de tout moraliser, on perd notre capacité à s’adapter aux nouvelles réalités. On passe trop de temps à trouver les arguments qui démontrent que l’autre a tort. Et on n’en passe pas assez à scruter les opportunités qui naissent des ruptures en cours. Comme celles créées par l’IA. C’est pour cela qu’on a tant de mal à les saisir avant les autres.
Bref, si on en croit l’audition d’Arthur Mensch, la question n’est pas qui a raison entre pro-ENR et pro-nucléaires, mais comment :
– Produire beaucoup plus d’électricité.
– Fournir les capitaux nécessaires et simplifier nos normes et lois pour que nos champions développent leurs outils plus vite.
Il en va de notre souveraineté.