Chers résistants, chères résistantes, chers soutiens,
Crise scolaire, crise de la vie chère, engrenage de la dette… Y a-t-il époque plus terrible pour un peuple façonné par le rêve et l’idéologie que celle où la vérité le rattrape ?
La vérité n’est pas humaniste
Car, contrairement à ce que l’on pense, la vérité n’est pas humaniste. C’est une bête sans cœur au réalisme implacable. Impitoyable quand on l’excite ou feint de l’ignorer. Avide quand on tente de la corrompre et de la faire passer pour l’une de ces illusions dont chaque génération aime couvrir son époque pour lui donner un sens.
Ceux qui acceptent de l’affronter savent qu’avec elle, aucune victoire n’est définitive, car elle revient toujours. Et que, pour s’en défendre, rien ne sert de dresser des murs. Il faut au contraire la dompter et vivre à ses côtés, se protéger des tourments qu’elle apporte, sans jamais la quitter des yeux.
Sauvage, personne ne peut l’apprivoiser. En revanche, elle parle à ceux qui l’écoutent et veulent anticiper les mouvements qu’elle annonce.
Parfois, dans les moments paisibles où la vie est plus douce, on lui préfère d’autres narratifs. Plus stables, logiques, bienveillants, ils rassurent, protègent et disculpent. Pour éviter qu’elle ne les trouble, leurs auteurs achètent son silence.
Les débuts de ces politiques sont souvent prometteurs. Quelques sous, des postures généreuses, de jolis discours et quelques mensonges suffisent à éloigner cette vérité trop exigeante. Mais, très vite, elle revient. Puis revient encore. Chaque fois plus agressive, faisant sans cesse monter le prix des lâchetés de ceux qui ne veulent plus la voir.
Peu à peu, telle une brute qui rançonne, elle augmente ses tarifs, rapproche ses visites, de plus en plus brutales. Sa loi est claire. Plus on lui demande de se taire pour ne pas effrayer ceux à qui l’on ment; plus les discours des tribuns du système détournent les regards; plus elle devient laide et plus cher il faudra payer pour qu’elle se cache. Jusqu’à ce qu’un triste jour, les dernières ressources de la communauté ayant été dévorées, l’argent vienne à manquer.
Alors, face à des populations entières qui la croyaient douce et compréhensive comme un discours électoral, la vérité se dévoile. Une gueule immonde, trouée d’yeux méchants, surmontant une puissante mâchoire prête à mordre. Elle commence par les plus faibles et par ceux qui, bercés de trop d’illusions, n’ont rien voulu prévoir.
Désindustrialisation, école, dette : les morsures de la vérité
Désindustrialisation, crise du lycée, de l’hôpital, de l’agriculture, de la vie chère ou de la dette… Combien de morsures nous faudra-t-il pour comprendre que nous ne pouvons plus nous voiler la face ?
40 ans de politiques égalitaristes qui ont confondu mérite et injustice
Depuis plus de 40 ans, nous avons dépensé les milliers de milliards pour entretenir l’illusion qu’on pouvait amener une population au bonheur par des politiques égalitaristes. Malheureusement, elles ont confondu mérite et injustice. Si bien :
- Qu’on donne aujourd’hui des diplômes qu’il fallait jadis gagner, « faisant ainsi passer l’exigence pour une violence et la médiocrité pour une vertu » (Julia de Funès).
- Qu’on accorde des avantages sociaux qu’on n’a pas les moyens de payer.
- Le tout au prix de prélèvements de plus en plus lourds et de moins en moins acceptés sur les fiches de paie des salariés et dans la trésorerie des entreprises.
Constatant que ces politiques ne fonctionnaient pas, nos gouvernants auraient pu revenir dessus.
- Les classements PISA, le taux de chômage endémique des jeunes, sur l’enseignement.
- Les déficits commerciaux, les hurlements des patrons, le nombre de faillites, la stagnation du pouvoir d’achat et l’affaissement des services publics, sur l’économie.
Ce qu’il aurait fallu faire pour relancer l’ascension sociale
Mais nous avons continué à repousser les problèmes à coups de chèques, sans jamais rien régler. Nous découvrons aujourd’hui qu’on a tout fait à l’envers et qu’il aurait fallu :
- Être plus exigeants dans les écoles et les universités pour transmettre convenablement les savoirs qui libèrent, au lieu d’avoir fait de fausses promesses à des générations de diplômés aujourd’hui frustrés.
- Être moins tyranniques avec les entreprises que le système a tellement contraintes et ponctionnées qu’il n’a pas pu créer les emplois qui auraient pu convenir à nos jeunes diplômés.
C’est la force des entreprises qui fait la puissance économique d’un pays
Il est là, le vrai sujet : nous devons comprendre que c’est la force des entreprises d’un pays qui fait sa puissance économique. Pas le nombre de ses diplômés du supérieur.
Projet de loi de finances 2027 : le message n’a pas été compris
Le projet de loi de finances 2027 indique que le message n’a pas été compris. Il propose de continuer avec les recettes qui nous ont mis dans le trou : taxer davantage les entreprises et les investisseurs pour dépenser toujours plus et ne rien réformer.
Nicolas Baverez, dans Le Figaro d’hier, prédisait que si rien n’est fait, quel que soit notre prochain président (ou présidente), sa politique économique et sociale serait décidée hors de France, par nos créanciers. Tel un Tsipras français, il devra alors appliquer les directives dictées par une troïka, le FMI ou des institutions internationales lointaines.
Notre pays de cigales risque de redécouvrir, dans la douleur, que la fourmi n’est pas prêteuse et qu’il faudra autre chose que bloquer des lycées ou casser des abribus pour convaincre une finance mondiale exaspérée par notre arrogance de continuer à couvrir nos déficits.
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