C’est sur Ulule que ça se passe. 1 355 contributeurs ont promis d’injecter collectivement près de 120 000 €. Afin de permettre à l’entreprise d’entrer en plan de continuation.
Pour son équipe, le message est clair. Chaque don, aussi petit soit-il, compte pour permettre à un savoir-faire familial exceptionnel de continuer sa route.
La passementerie est un art. Elle consiste à transformer des fils de soie, lin, coton, laine, or ou argent en éléments décoratifs. Des galons, des franges, des cordons ou rubans. Ces créations ornent les plus grands monuments et lieux de prestige.
DECLERCQ Passementiers perpétue ce savoir-faire depuis 1852 à Montreuil-aux-Lions, dans l’Aisne. Labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant depuis 2007, cette maison, aujourd’hui dirigée par la septième génération, est considérée comme l’une des plus prestigieuses fabriques françaises du secteur.
Elle travaille en France pour le Château de Versailles, l’Opéra Garnier ou le Palais princier de Monaco. Mais aussi à l’international, en Europe, en Arabie ou aux États-Unis.
Une grande partie de son travail consiste à rechercher dans les archives. Afin de recréer à l’identique des éléments anciens, sous le regard exigeant des conservateurs.
Mais Declercq ne se contente pas de restaurer le passé : l’entreprise innove aussi. Comme avec une passementerie lumineuse en fibre optique réalisée pour l’HOTEL PENINSULA à Paris.
Dans l’Aisne l’entreprise a trouvé un territoire propice à son développement. Notamment grâce à la présence historique de nombreux passementiers.
Un article d’actu.fr de janvier 2025 disait, après avoir visité ses ateliers, qu’ils offraient un véritable voyage dans le temps à ceux qui les visitaient.
On y découvre, était-il écrit, des artisans travaillant à la main ou sur des machines anciennes, dont certaines datent de 1830. La maison possède une soixantaine de métiers et machines, devenus inestimables car ils ne sont plus fabriqués.
Les 24 artisans de Declercq sont formés en interne, puisqu’il n’existe plus d’école de passementerie. Ils viennent souvent de la broderie, de la tapisserie ou du dessin technique. Il leur faut des années pour maîtriser les gestes précis de ce métier. Ourdissage, tissage, dévidage, retord : chaque étape exige une minutie comparable à celle de la joaillerie.
Mais voilà, DECLERCQ Passementiers est aujourd’hui en difficulté.
Elle présente son plan de continuation au tribunal de commerce dans les prochains jours. Les sommes qu’elle parviendra à récolter seront un argument important.
Alors, quand l’un des membres FFI m’a contacté ce week-end pour savoir si on pouvait en informer nos lecteurs, nous avons dit oui tout de suite.
Bien sûr, nous ne savons pas s’ils vont réussir et ne garantissons en rien le succès de l’opération. Que chacun se décide en son âme et conscience.
Bonne chance à DECLERCQ Passementiers.