Laurent Giovachini : « Une nation qui laisse partir ses ingénieurs affaiblit sa capacité à se défendre »

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C’est sous ce titre que le président de la Fédération Syntec a publié, dans Les Echos, une tribune en forme de cri d’alarme.

À l’heure où la puissance d’un pays se joue autant :
– Dans les laboratoires, les centres d’ingénierie, les réseaux numériques et la cybersécurité,
– Que sur le terrain militaire…

… Sa souveraineté nationale dépend directement de sa capacité à conserver ses talents scientifiques et technologiques.

Selon Laurent Giovachini, la France dispose d’atouts considérables. Elle sait former, innover et concevoir. Ses grandes entreprises, ses ETI, PME, startups, participent à la construction de cette souveraineté technologique.

Mais notre pays a aussi une faiblesse majeure : l’érosion de son capital humain.

Dans un contexte de compétition mondiale accrue, beaucoup d’ingénieurs, d’experts hautement qualifiés ou de techniciens choisissent de faire carrière à l’étranger. Ils sont attirés par des conditions que la France, dans son affaissement continu, ne peut plus leur offrir.

Pour Laurent Giovachini, cette fuite des talents n’a rien d’un phénomène passager. C’est une tendance structurelle.

L’enjeu dépasse la seule question de l’emploi. Si la France laisse partir ses ingénieurs, elle :
– Affaiblit sa défense,
– Compromet sa réindustrialisation,
– Ralentit sa décarbonation,
– Freine la numérisation de son économie.

Bref, elle se prive des compétences dont elle a besoin pour rester une puissance capable de décider par elle-même. D’être un pays souverain.

Face à cela, Laurent Giovachini appelle au rééquilibrage de la fiscalité du travail qualifié. Plombée par un modèle social qui a été complètement dévoyé, elle empêche le pays de retenir ces talents.

Selon lui, ces profils ont besoin de perspectives suffisamment attractives pour envisager à nouveau leur avenir en France. Quand près de la moitié du coût salarial d’un ingénieur part en cotisations sociales, ça n’est plus le cas.

Selon lui, une telle réforme pourrait produire des effets économiques significatifs. Notamment un gain proche d’un demi-point de PIB et la création de centaines de milliers d’emplois qualifiés.

Outre des éléments concrets, cette réforme permettrait d’envoyer un message symbolique important vers ces profils courtisés par le monde entier : un message de reconnaissance. Nous avons besoin de nos ingénieurs, nos scientifiques et nos techniciens pour redresser le pays.

C’est finalement ce même message qu’on aimerait que notre pays envoie également aux entrepreneurs. Mais notre pays, perdu dans ses divisions, est-il encore capable de reconnaissance ?

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