C’est parce qu’elle préfère la précaution à l’innovation que l’Europe se soumet économiquement aux Empires mondiaux.
Malgré les discours, malgré les annonces, les Européens, dont les Français, ne croient plus vraiment au progrès technique.
C’est ce qu’on peut retenir de l’intervention de Nicolas Dufourcq devant la commission des Affaires européennes du Sénat.
Oui, car au bout du compte, c’est bien d’écouter et de lire les discours… Mais ce sont les chiffres qui dépeignent le mieux la réalité.
Selon le patron de Bpifrance, la Chine et les États-Unis investissent massivement dans l’innovation. L’Europe préfère mettre son argent :
– Dans les déficits de l’État-providence. Quand on a peur, on veut être socialement protégé.
– Dans l’immobilier, investissement de précaution et de rente par excellence.
– Dans des secteurs très connus comme le tourisme.
Et quand il s’agit d’investir sur des projets à risque, on préfère investir sur les marchés américains. C’est ainsi que :
– Les projets européens innovants doivent aller chercher des capitaux étrangers pour se financer (américains, du Golfe ou d’Asie). Les capitaux européens ne représentent plus que 20 % des levées de fonds dans les phases de croissance de nos startups.
– Les marchés américains attirent 300 milliards issus de l’épargne européenne. C’est-à-dire que quand les épargnants européens acceptent de prendre le risque de l’innovation, ils préfèrent le faire aux US plutôt qu’ici.
Pourquoi ?
Selon Nicolas Dufourcq :
– Parce que les Européens qui investissent dans le risque estiment que le modèle américain, moins tourné vers le social que nous, permet aux entreprises d’être plus rentables. Et donc d’offrir une meilleure rémunération du risque.
– Parce que nous avons intégré dans notre réflexion un biais qui nous fait penser que l’Europe a déjà perdu. Et que les Américains feront toujours mieux.
Bref, selon lui, le problème à résoudre est dual :
– Culturel. Il faut changer la culture du risque des Européens et reprendre confiance en nous.
– Systémique. Il faut changer un système social qui pompe trop d’argent sur les entreprises. Afin de leur permettre plus de rentabilité. Elles pourront ainsi mieux payer les salariés. Et mieux rémunérer les épargnants qui investissent chez elles.
Libérer les énergies entrepreneuriales est, sur le moyen et long terme, bien plus efficace que micromanager les forces vives parce qu’on a peur du risque.
Les modèles concurrents au nôtre qui, eux aussi, ont des normes, des lois et des organes de contrôle, le démontrent jour après jour.
Réformons-nous ! Faisons-nous à nouveau confiance !
Les Forces Françaises de l’Industrie sont un mouvement d’entrepreneurs, d’investisseurs, de citoyens. Nous souhaitons reconstruire la souveraineté économique de la France.
Par une réforme de notre système. Par le succès de nos entreprises et de ceux qui y investissent et y travaillent.
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