Les industriels de défense français plébiscités par l’armée irlandaise ?
Premièrement, le style Trump ne plaît visiblement pas à Dublin. Ni le durcissement de la politique américaine vis-à-vis de l’Irlande. Et l’industrie de défense française pourrait bien en profiter si on en croit La Tribune.
Ce que l’Irlande envisage :
Après avoir signé un contrat avec Thales pour fournir un sonar de pointe à la marine irlandaise, destiné notamment à la surveillance des câbles sous-marins, l’Irlande envisage :
– De s’appuyer toujours sur Thales pour un ambitieux programme national de radars. Le budget est estimé à 500 millions d’euros, incluant des capacités de défense sol et antidrones.
– De commander à KNDS France plusieurs centaines de véhicules blindés pour remplacer sa flotte vieillissante composée de chars américains et sud-africains.
Deuxièmement, et dans un autre registre, elle a récemment acquis un Falcon 6X de Dassault Aviation pour des missions gouvernementales.
Les montants de ces commandes marquent un véritable changement de ligne pour les relations entre les défenses françaises et irlandaise.
En effet, jusqu’ici, Dublin était un client très marginal de l’armement français. Elle n’a commandé que 53,1 millions d’euros de matériel entre 2015 et 2024. Il s’agit donc là d’un véritable changement d’échelle.
Le contrat de KNDS France est évalué à plus d’un milliard d’euros. Il porterait principalement sur des Jaguar (blindés de reconnaissance et de combat) et des Serval (blindés multirôles légers), ainsi que sur quelques Griffon (transports de troupes) et des systèmes d’artillerie Caesar.
Ces équipements sont issus du programme français Scorpion, lancé dans les années 2010 pour moderniser l’armée de terre autour d’une logique numérisée, interconnectée et collaborative.
La signature pourrait intervenir dans le cadre d’un accord intergouvernemental (G to G), sur le modèle du partenariat CaMo conclu entre la France et la Belgique, qui a déjà commandé plus de 650 blindés via la DGA.
L’Irlande pourrait également financer cette acquisition grâce au programme européen Safe (Security Action for Europe). Doté de 150 milliards d’euros, à condition de signer avant le 31 mai et de prévoir des livraisons avant fin 2030.
Dans un contexte géopolitique tendu, marqué par une relative mise à l’écart des fournisseurs américains. Ainsi, la France pourrait devenir un partenaire stratégique majeur de la défense irlandaise.