Antoine Foucher : « Nous avons la fiscalité d’un pays de consommateur et non pas d’un pays producteur. »
Intéressante audition d’Antoine Foucher au Sénat.
Il était entendu aux côtés d’Anne-Sophie Alsif, PhD, cheffe économiste chez BDO France. Nous diffuserons un extrait de l’intervention de cette dernière dans les prochains jours.
Ce qu’il en ressort peut mettre un terme à une partie du débat sur le coût du travail en France. Notamment :
– Entre ceux qui pensent qu’il nous plombe,
– Et ceux qui pensent qu’on ne peut pas demander plus d’efforts aux salariés français.
Car l’analyse de ces deux experts souligne que, s’il y a un problème de compétitivité en France, il ne vient plus du coût global du travail.
Les pays les plus industrialisés d’Europe ont un coût du travail supérieur à celui de la France. Antoine Foucher cite notamment la Belgique, l’Allemagne, le Danemark ou la Suède (coût égal à la France pour cette dernière).
Donc si le sujet n’était que le coût, ils seraient moins industrialisés que nous.
Pour Antoine Foucher, le problème est ailleurs.
1. Notre modèle social prélève trop sur ce que coûte un employé à son entreprise.
En France, quand un employé coûte 5.500 € de super brut à une entreprise, il ne reçoit que 3.000 €. Le reste part en cotisations. Contre 3.500 € en Allemagne pour le même coût.
Cela démotive et pèse sur la productivité des salariés, selon Antoine Foucher. Car, « un employé doit pouvoir améliorer sa vie par son travail ».
2. La fiscalité française est celle qui taxe le plus la production en Europe. Alors qu’elle taxe peu la consommation (TVA).
Sur ce dernier point il insiste : « Nous avons une fiscalité anti-production » et pro-consommation.
Avec les impôts de production les plus élevés d’Europe et le 3ème plus faible taux de TVA moyen d’Europe…
« Nous sommes devenus un pays de consommateurs. Mais plus un pays de producteurs. »
Tous les pays encore industrialisés d’Europe ont un taux de TVA plus fort et des impôts de production 4 fois plus faibles.
Bref, notre modèle social, parce qu’il taxe trop le travail et la production, leur nuit.
Évidemment notre désindustrialisation est multifactorielle. Mais ce point est clé.
Rappelons qu’un rééquilibrage entre baisse des cotisations sociales et hausse de la TVA avait été proposé il y a plusieurs années. Devant son impopularité, la réforme avait été refusée.
Antoine Foucher propose donc de baisser les cotisations sociales et non les cotisations patronales afin de rendre cette réforme acceptable par l’opinion.