En France, l’entrepreneuriat dure deux ans. Le temps des allocs.
Pardon pour ce titre un tantinet provocateur. Mais c’est ce que m’a inspiré cet extrait de la passionnante discussion que j’ai eue avec Thibault Cornudet.
Discussion qui s’est tenue dans le cadre de nos recherches pour comprendre comment créer plus de performance dans les PME de nos régions. Notamment en regagnant de la flexibilité, dans un système français devenu complètement rigide.
Selon le fondateur du Groupe Référence, s’il y a un boom de l’entrepreneuriat c’est beaucoup dû au fait que de nombreux salariés veulent devenir indépendants.
Et comme il existe, en France, de bons dispositifs pour favoriser leur démarche, oui, il y a quand même pas mal de bonnes choses dans notre système bringuebalant, beaucoup tentent leur chance.
Mais, après deux ans, quand les allocations s’arrêtent et que le risque de précarité économique inhérent à l’entrepreneuriat se matérialise, beaucoup décident de se ranger. Et de revenir au salariat.
Thibault est un observateur averti de ce phénomène.
Son entreprise, Groupe Référence, emploie beaucoup de ces profils experts qui cherchent à travailler avec des PME et ETI après une carrière dans de grands groupes.
Selon lui, sur dix experts qui se lancent en indépendants, sept ans plus tard, seuls deux restent entrepreneurs. Les autres sont retournés au salariat.
Pourtant, ces experts sont de vrais vecteurs d’accélération pour les PME. Elles qui ont parfois du mal à attirer des profils aussi expérimentés à temps plein.
D’où l’intérêt de la flexisécurité prônée par Thibault Cornudet :
– Son groupe salarie des professionnels expérimentés dans les fonctions support. Cela leur donne une vraie sécurité. Et cela les libère des tâches qu’ils savent moins bien faire, notamment le commercial.
– Il les propose « à temps partagé » à des entreprises qui n’ont pas la taille critique pour employer l’une de ces personnes à plein temps, ou qui traversent une période où elles ont besoin de flexibilité.
Le tout permet aux PME de s’appuyer sur des profils de haut niveau. Sans se mettre en danger avec des personnes qui seraient surdimensionnées à plein temps. Ou trop chères pour elles.
Tout en permettant aux professionnels concernés de bénéficier de la sécurité offerte par le CDI.
Il y a peut-être une réflexion globale à mener sur ce concept à l’échelle du marché du travail français, non ?
Qu’en pensez-vous ?
Les Forces Françaises de l’Industrie sont un collectif d’entrepreneurs et d’investisseurs qui militent pour refaire de la France un pays qui produit, qui cultive, qui innove et qui construit.
Nos clubs accueillent ceux qui, industriels ou non, veulent réfléchir ensemble aux moyens de redonner de la compétitivité à notre écosystème industriel.
Rejoignez-nous !
L’intégralité de l’interview de Thibault Cornudet sur les nouveaux modes de travail est disponible sur notre chaîne YouTube et sur toutes les plateformes d’écoute.
Par Laurent Moisson