Nouvel extrait de la conversation que j’ai eue avec Vincent Grard, qui dirige Trade Republic en France. L’interview est disponible en intégralité sur Ytb et toutes les plateformes de podcast. Sur nos chaînes Forces Françaises de l’Industrie.
Comme son métier, sa mission devrais-je dire, est d’encourager les Français :
– À mieux gérer leur épargne ;
– De façon à faire face à l’effondrement annoncé de leurs pensions de retraite.
Je lui ai demandé de nous expliquer brièvement le problème que pose notre système de retraite.
Le problème est simple. Mais, comme souvent en France, on l’a tellement politisé qu’il est devenu compliqué à évoquer sereinement.
En résumé, selon Vincent Grard :
– Les dépenses de retraite sont le plus gros poste de dépenses publiques en France.
– Notre système est déficitaire depuis des années, mais, comme l’a dit Nicolas Dufourcq dans son dernier livre… On en a fait un « secret de famille ». C’est-à-dire qu’on ne l’a pas vraiment dit aux Français.
L’essentiel du déficit vient de la retraite de la fonction publique, car il y a aujourd’hui 1 fonctionnaire retraité pour un fonctionnaire actif. Et qu’ils ont un système plus généreux que dans le privé.
Ce déficit, véritable bombe politique tant certains nous ont promis que tout allait bien et qu’on pouvait dormir tranquille, est planqué dans le budget des ministères.
Ainsi, chaque année, on prélève environ 20 % du budget de l’Éducation nationale, des Armées, etc., pour payer ce déficit. En toute discrétion. Grâce à des intitulés un peu compliqués qu’on intègre dans la comptabilité publique.
Parce qu’il ne fallait pas donner de l’eau au moulin de ceux qui disaient qu’il fallait travailler plus longtemps.
Ni à ceux qui disaient qu’ajouter une dose de répartition permettrait de faire face au vieillissement de la population.
Bilan, ce déficit a représenté, selon Vincent Grard, près de 50 % de la dette générée ces dernières années. Notamment sous Emmanuel Macron.
Bref, il va falloir s’en occuper.
D’autant que l’énormité des prélèvements de cotisations sociales est devenue l’un des principaux handicaps à la réindustrialisation du pays. On prélève sur les salaires et sur les employeurs 20 points de PIB de plus qu’en Espagne, en Allemagne ou en Italie. Donc nos produits sont plus chers et nos entreprises peuvent moins investir que celles de nos voisins.
En attendant, conseil de Vincent Grard :
– Tant que l’État ne se saisira pas du problème en réformant le système, vos retraites sont en danger.
– Organisez votre épargne pour que les revenus qu’elles génèrent puissent compenser la baisse inévitable des retraites par répartition.