L’Europe, « religion de remplacement » ? Trop souvent, nos représentants renoncent à défendre l’intérêt national. Ce que font pourtant nos voisins.
Nouvel extrait de notre entretien avec Natacha Polony. Il est disponible en intégralité sur YouTube et toutes les plateformes de podcast. (Chaîne : Forces Françaises de l’Industrie).
Nous y avons parlé de la grande tradition française de manichéisme.
Après une période où celui qui adressait la moindre critique à l’Europe était taxé d’anti-européisme et ostracisé, on est en train de passer à l’Euro-bashing.
Il faut dire que les témoignages montrant que les Français à Bruxelles ne défendent pas assez nos intérêts nationaux se multiplient.
Certes, mais ne peut-on pas considérer l’Europe pour ce qu’elle est ?
Elle permet la négociation. Nos pays voisins, eux, n’hésitent pas. Ils négocient des exceptions ou discutent pied à pied pour la convaincre d’entendre leurs points de vue.
Ils n’adoptent pas l’attitude béate qu’ont eue beaucoup de nos représentants ces dernières décennies.
Natacha Polony explique l’étonnante passivité française par le fait que l’Europe soit devenue une idée et non une réalité. Une idéologie à suivre plutôt qu’un marché où l’on va négocier des règles de fonctionnement. Une abstraction éthique plutôt que la rencontre de rapports de force qu’il faut arbitrer.
La France y envoie des clercs alors qu’il faudrait y envoyer des avocats.
L’Europe pourrait être un levier de puissance si nous faisions comme les Allemands, les Hollandais ou les Italiens.
Il faudrait pour cela que les élus et représentants qu’on y envoie n’oublient pas qu’ils sont au service des Français avant tout.