Inefficacité des politiques de décarbonation françaises. L’exemple des pompes à chaleur.
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » Cette phrase a refait son apparition cet été à la faveur des canicules et des incendies.
Et franchement, elle n’est plus juste au regard :
• Des efforts de sensibilisation jamais vus sur le sujet du réchauffement climatique que nous avons réalisés. Qui aurait pu passer entre les gouttes des marches du climat (tous habillés en Shein), des fresques du climat, des blocages de lycées, des postures (et impostures) de nos artistes préférés à chaque festival ? Et des chapitres entiers que nos programmes scolaires y consacrent ? Nous n’avons donc pas regardé ailleurs.
• Des efforts financiers considérables consacrés depuis des années à la décarbonation de nos productions et consommations.
Nous n’avons donc pas « rien fait ». Par contre, nous avons « mal fait ».
Si vous doutez que l’essentiel du problème n’est plus notre intention, mais notre efficacité, écoutez la passionnante interview que m’a accordée Philippe Dénecé. Il est directeur général du Groupe intuis, qui fabrique notamment des pompes à chaleur réversibles. Il est donc très impliqué dans l’ambitieuse politique de transition énergétique des bâtiments.
Son interview complète est disponible sur les chaînes des Forces Françaises de l’Industrie. Sur Ytb (lien en bas) et toutes les plateformes de podcasts.
La réalité qu’il décrit est celle d’un système qui ne consacre plus que 25 % des sommes votées pour la décarbonation à ce qui décarbone vraiment. C’est-à-dire au produit et à l’installation.
Tout le reste part en intermédiaires, en cabinets de conseil pour remplir les formulaires imbitables et en complexité administrative. Et en plus, il y a les frais de nos administrations et de leurs fonctionnaires qui conçoivent les dispositifs, pondent les normes et doivent contrôler.
Ce sujet est représentatif des problèmes de la France. Quel que soit le sujet, on a noyé nos bonnes intentions dans un enfer administratif qui coûte un argent fou tout en paralysant tout.
Le problème n’est plus l’intention. On est quasiment tous convaincus qu’il faut agir sur le climat. Nous n’avons donc plus besoin de prêtres ni d’inquisiteurs qui traquent les incroyants. Le problème, c’est l’exécution des politiques, leur efficacité.
En France, on a trop de gens qui font la morale et qui se méfient de ceux qui font, et pas assez de gens qui font. Notre société valorise trop les prêcheurs, les contrôleurs (il en faut tout de même), les emmerdeurs. Et pas assez les entrepreneurs, les artisans, les pompiers, les ouvriers et les agriculteurs.
Remettons les premiers dans leurs chapelles et leurs universités où ils ont leur utilité (on a toujours besoin de lanceurs d’alerte). Et faisons place aux gens efficaces pour faire bouger vraiment les choses.
Qu’en pensez-vous ?