« Les normes sont indispensables à l’instauration de la confiance. Le problème, ce ne sont pas elles. Mais leur excès et le dogmatisme avec lequel on les applique. »
J’étais récemment invité par Vincent Roux, dans son émission Point de Vue, sur Le Figaro TV. C’était à l’occasion de la sortie de mon livre « Contes et légendes de la réindustrialisation ».
Ceux qui suivent les pages des Forces Françaises de l’Industrie savent que nous ne sommes pas les derniers à dénoncer l’enfer normatif qu’est devenue la France.
– La peur de l’avenir.
– La méfiance de ceux qui administrent (et de ceux qui votent) vis-à-vis de ceux qui créent et ceux qui font.
– La volonté d’atteindre un risque zéro…
… nous conduisent de plus en plus à préférer l’inaction au mouvement.
Le niveau de précaution demandé est tel qu’il en arrive à décourager les initiatives. À bloquer les actions.
Nous écrivons cela régulièrement dans nos posts. Des posts systématiquement pris à partie par ceux qui, saisis par la trouille ou l’idéologie, nous expliquent que si on veut moins de normes, c’est qu’on n’en veut plus du tout. Et qu’on est pour la loi de la jungle.
Cette interview au Figaro m’a permis de les rassurer (d’habitude je préfère me moquer) :
– Non, nous ne sommes pas contre les normes. Elles sont même indispensables pour établir la confiance. Entre les entreprises et leurs clients. Entre les entreprises et les citoyens.
– Ce qui est problématique, c’est leur excès, pas leur principe.
La France s’est construite autour d’un État fort et d’une réglementation qui protège. Nous ne serons jamais un pays ultralibéral sans règle ni loi. Mais ça n’est pas pour cela qu’il ne faut pas reconnaître quand on a été trop loin.
Ces dernières années, la production normative et le principe de précaution sont devenus délirants. Au point d’entraver la création de projets magnifiques.
Les absurdités que cela produit sont en train de sauter aux yeux de tous.
De ceux qui produisent, de ceux qui cultivent, qui innovent, qui construisent. Mais aussi des agents des collectivités locales qui veulent faire avancer leurs projets. Et, plus récemment, des simples citoyens qui sont de plus en plus entravés par des impératifs administratifs dans leur vie quotidienne.
Les coups de gueule se multiplient en la matière et devant :
– L’inaction des pouvoirs publics qui parlent de simplification administrative comme un célibataire parle de mariage (sans jamais le pratiquer).
– Le déni de certains.
La colère monte et risque de générer un rejet pur et simple des normes. Ce qui serait l’excès inverse.
Il est bon de se protéger. Mais obliger nos coureurs de 100 mètres à porter des armures de plates afin d’éviter les bobos en cas de chute n’est pas la meilleure façon de les mener à la victoire.
L’excès nuit en tout. Même en vertu et en protection.
Qu’en pensez-vous ?