L’art de faire passer un honnête producteur pour un criminel, raconté par Jean-Michel Peuch.
Jean-Michel Peuch est grossiste en fromage sur le marché de Rungis. Son métier est d’acheter la production de ceux qui font la richesse de notre gastronomie. Et de la vendre à nos commerces et artisans qui la font vivre jusque dans nos centres-villes. Loin des aliments standardisés, des marques pasteurisées.
Il sera d’ailleurs l’un des animateurs de la soirée du club FFI Paris le 6 octobre prochain. À l’occasion du lancement de notre initiative commune pour inciter les Français à mieux contribuer à notre souveraineté alimentaire. (Inscription sur notre site). Soirée organisée en partenariat avec l’association de grossiste l’Encyclie.
L’histoire qu’il raconte ici aurait pu toucher n’importe quel agriculteur, n’importe quel industriel, n’importe quel entrepreneur.
Un beau jour, un éleveur qu’il connaît et dont il connaît le troupeau est l’objet d’une attaque. Par une association bien connue. Des images crues, auxquelles les consommateurs ne sont pas habitués, déferlent sur Internet et les télévisions. Le voilà accusé de maltraitance animale.
L’opinion, qui ne sait pas qu’il est normal que certains animaux meurent dans les fermes, réagit immédiatement et s’indigne. Puis commence la chaîne des boycotts, du harcèlement et des sanctions. Certains des professionnels qui, pourtant, savent que rien d’anormal n’est arrivé, hésitent à continuer à travailler avec lui. Voire même lui tournent le dos, par peur d’être eux-mêmes éclaboussés par le scandale.
Mais Jean-Michel est un résistant. Il le dit dans l’interview que vous pourrez écouter en intégralité sur la chaîne de podcast des Forces Françaises de l’Industrie. Il « connaît l’homme et son troupeau ».
Il a donc décidé de suracheter sa production, et de défendre la réputation d’un homme à qui il fait confiance. Ceci afin de permettre à ce partenaire de passer la crise.
Dans notre société du spectacle où nos colères s’enflamment avant de nous laisser le temps de comprendre le fond des sujets, notre opinion publique est manipulable.
Tous les lobbies, toutes les puissances qui savent influencer, peuvent s’en servir contre la cohésion de notre société. Car, chez nous, comme dans l’ensemble des démocraties, c’est l’opinion qui gouverne.
Et dans une France qui perd année après année la connaissance des choses. La culture de la production. La compréhension du monde…
Il est de plus en plus simple pour les idéologues de s’en prendre aux métiers qu’ils n’aiment pas.
Qu’en pensez-vous ?