Souveraineté numérique : pourquoi l’Europe n’aura jamais de data centers comme les États-Unis ?

Pour Octave Klaba, fondateur d'OVH, l'Europe ne construira jamais de data centers à la hauteur de ceux des États-Unis. Laurent Moisson y voit un nouveau symptôme du renoncement européen face à l'excès de réglementation.

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Octave Klaba, fondateur d'OVH, souveraineté numérique européenne

Parce qu’elle est devenue un enfer administratif, l’Europe est en train de renoncer à sa souveraineté numérique. Et à sa liberté.

« En matière de data centers, je pense qu’il n’y aura pas de gigafactory en Europe. »

C’est en tout cas l’avis d’Octave Klaba, patron et fondateur du leader européen du cloud, OVH.

« Ce que les Américains sont en train de faire avec des data centers de 2 ou 3 gigawatts, on ne pourra pas le faire ici. Ce sera bloqué avant. »

Voici une nouvelle illustration du destin que nous nous sommes choisi. Celui de renoncer à la puissance, au leadership, et donc à la liberté de choisir notre destin.

Parce que nous avons peur de l’avenir. Peur de l’innovation, de la technologie. Peur de ce qui pourrait exiger des changements.

Parce que nous nous méfions de l’initiative privée et de la capacité des entreprises à changer le monde.

On peut se dire qu’il y a des risques. On peut mettre des garde-fous. Mais s’il y en a trop, s’il y en a partout, on n’avance plus. Et on laisse notre société s’appauvrir et se bloquer.

Vous pensez que c’est normal sur les data centers parce que vous ne les aimez pas ? Très bien :

  • Alors ils seront construits ailleurs et nous devrons nous soumettre aux choix que d’autres feront pour nous. Et payer des services qui vont enrichir d’autres nations.
  • Alors prenez d’autres secteurs. C’est la même chose dans l’agriculture, dans l’industrie, dans la construction, dans la recherche médicale…

On se méfie tellement de celui qui fait, qui produit, qui tente qu’on entrave son avancée. À coups de normes, de contrôles, de formulaires, de prélèvements obligatoires. Ainsi ralenti, il se fait dépasser par ses concurrents, puis, peu à peu, il s’essouffle, se décourage, s’en va ou arrête.

C’est ainsi que notre PIB par habitant s’est fait distancer par celui de nos voisins et de bien d’autres pays. Dont les Américains, qui avaient la même richesse par habitant que nous dans les années 1980. Aujourd’hui, elle est presque le double de la nôtre.

Vous êtes surpris par le mouvement des lycéens ? Vous vous attendez à ce que d’autres mouvements le rejoignent (infirmières, fonctionnaires, agriculteurs…) ?

Tout part de là. À force d’entraver, de surréglementer, de surtaxer ceux qui créent de la richesse…

Leurs entreprises restent trop petites et contribuent moins que leurs concurrentes à la richesse nationale de leur pays.

Il faut des normes, bien entendu. Sans elles, pas de confiance et donc pas de business. Mais l’excès nuit en tout. En éthique et en précaution aussi.

Protéger un nageur qui va traverser des eaux dangereuses est une bonne idée. Le lester d’une armure d’acier, histoire d’être sûr qu’il ne soit pas mordu par un poisson, est une bêtise.

Retrouvons le sens de la mesure. Cessons de laisser décider seuls ceux qui ont peur et ceux qui sont jaloux. Retrouvons l’audace et le panache qui ont fait la France.

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