Fermeture définitive de Vencorex : le tribunal empêche un repreneur de relancer l’entreprise

Un repreneur et d’anciens salariés prêts à relancer l’activité de Vencorex. Mais le tribunal a préféré vendre les machines à un ferrailleur.

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Incompréhensible ! La plateforme chimique du Pont-de-Claix ne sera donc pas relancée par Exalia.

On lui a préféré un ferrailleur. Le projet industriel avait pourtant été préparé, financé, soutenu.

Pendant ce temps, on continue à parler de réindustrialisation avec gravité ? Il faut reconnaître une forme de constance française dans l’incohérence.

Olivier Six était venu présenter Exalia lors du lancement du club FFI Isère. À ses côtés, des ex-salariés de Vencorex qui connaissaient le site de l’intérieur. Dont Severine DEJOUX mobilisée sans relâche depuis des mois.

Ça n’était pas un coup de com’, ni de l’improvisation, mais un travail sérieux, documenté, structuré :
• Un financement de 80 millions.
• Des dizaines de lettres d’intention de clients.
• Des installations disponibles, une équipe constituée, et un objectif de 250 salariés.

Exalia avait aussi le soutien des élus comme Christophe Ferrari, ainsi que du ministre de l’Industrie, Sébastien Martin.

Ça n’était donc pas une lubie.

Le signal envoyé par le tribunal des affaires économiques de Lyon le 25 mars est terrible : démantèlement, découpe, disparition progressive d’un outil industriel…

Il faut rappeler ici de quoi il est question. Severine DEJOUX, dans un post récent, l’a très bien dit : une unité de cristallisation de sel était prête à redémarrer pour produire le sel le plus pur du territoire.

Un sel utilisé pour fabriquer le carburant de la fusée Ariane et des missiles M51.

Un sel utilisé aussi pour produire le chlore nécessaire à l’autonomie française sur le traitement de l’eau potable.

Le sujet est d’ailleurs d’autant moins anecdotique qu’une partie de Vencorex est déjà passée, suite à une décision d’avril 2025, sous le contrôle de BorsodChem. Une société basée en Hongrie mais contrôlée par le groupe chinois Wanhua.

Vivent les dissertations sur l’autonomie stratégique pendant que des actifs industriels sensibles nous échappent, morceau par morceau !

Un pays ne se réindustrialise pas en laissant tomber les dossiers difficiles, mais précisément en se donnant les moyens de les accompagner.

Évoquons également le message envoyé à tous ceux qui suivent cette affaire.

Que doivent comprendre les industriels, les entrepreneurs, les investisseurs, les élus locaux, les salariés qui se battent pour sauver des capacités de production ?

Qu’en France, on applaudit la souveraineté tant qu’elle reste théorique ? Mais quand elle prend la forme d’une reprise réelle, on préfère la ferraille à l’usine ?!

Un pays qui choisit le ferrailleur contre un projet de relance industrielle ne doit pas s’étonner de manquer d’usines, de confiance et de volontaires pour recommencer.

Exalia méritait mieux, notre industrie et notre pays aussi.

Par Emilie Le Douaron, ambassadrice du club FFI d’Isère.

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