C’est le baromètre Trendeo, dont les partenaires sont de plus en plus chics (CESI et McKinsey : bravo David Cousquer !), qui le dit dans Les Échos.
En 2025, les investissements industriels mondiaux ont rebondi de 32 %, atteignant 1 800 milliards de dollars.
Cette dynamique est principalement portée par les États-Unis, qui ont vu les montants investis sur leur sol doubler à 793 milliards. Ils captent à eux seuls 44 % des projets mondiaux.
Vu de l’étranger, la politique US donne l’impression de revirements brutaux. En réalité, leur politique industrielle s’inscrit dans une vraie continuité entre Biden et Trump. L’un attirait les usines à coup de subventions, l’autre avec des droits de douane. Deux approches pour un même objectif.
Face à cette dynamique, l’Europe fait pâle figure. Mais elle est tout de même en croissance de 22 %, avec 214 milliards d’euros investis en 2025. Elle repasse devant l’Inde, dont les investissements ont chuté de 41 %, et capte bien plus d’argent que la Chine (46 milliards seulement).
Les entreprises de cette dernière semblent redéployer massivement leurs efforts en créant des unités de production à l’étranger afin de contourner les droits de douane américains et européens.
L’Europe sauve donc l’honneur… surtout grâce à la France ! Notre pays capte un tiers des investissements européens (86 milliards), en hausse de 153 % !
Mais, à l’image du reste de l’Europe et à la différence des États-Unis, ces investissements sont largement d’origine internationale. Notre continent a ainsi attiré 157 milliards de dollars de capitaux américains et 121 milliards de capitaux asiatiques.
Vous l’aurez compris : une partie de ces sommes cache des achats d’entreprises européennes par des capitaux étrangers. L’autre, des prises de parts de marché d’industriels étrangers sur notre sol.
Aux US, les investissements sont faits majoritairement par des entreprises américaines, alors que les entreprises européennes investissent en majorité à l’étranger.
Mais au moins, cela crée des emplois, me direz-vous !
Eh bien pas tant que cela pour la France et les US. Car une part très importante de ces investissements va dans les data centers (près de 50 % des investissements français), qui créent peu d’emplois. Ou dans de très grands projets relativement peu créateurs d’emplois. Les secteurs traditionnellement créateurs d’emplois y investissent moins.
C’est le coût du travail qui implique cela en France : on vient chercher chez nous une électricité décarbonée, disponible à prix stable.
C’est la pénurie de main-d’œuvre qui l’implique aux US. La demande américaine de techniciens spécialisés dépasse largement l’offre disponible, selon Les Échos.
Tout ceci, précisent Les Échos, ne sont que des annonces. 10 à 15 % des projets précédemment annoncés n’ont pas abouti.