Crise des lycées : pourquoi la France renonce-t-elle à réformer l’État ?

Pour Laurent Moisson, la crise des lycées révèle un système administratif qui ne fonctionne plus, faute de courage politique pour réformer l'État.

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Derrière la crise des lycées se cachent une fois de plus les renoncements politiques à réformer l’État et ses administrations.

On parle de moyens, de mépris. On accuse les profs, les écrans, les parents. Soit…

Mais à nouveau, le principal coupable n’est pas dans le box des accusés : notre système ne fonctionne plus. Ni pour l’école, ni pour le reste.

Parce que l’administration fonctionne en roue libre. Parce qu’elle ne répond plus vraiment aux directives politiques.

Parce que des baronnies corporatistes ou statutaires l’ont envahie. Parce qu’elles résistent au changement. Comme toute organisation humaine résiste au changement, par nature.

Parce qu’on a toujours pensé : « Il y a un problème, il faut donc dépenser plus et ça le règlera. »

Parce que les gouvernements au pouvoir n’ont jamais voulu ou trouvé le courage de s’attaquer à ce sujet…

… La France est bloquée.

Une nouvelle fois, l’émission de Matthieu Croissandeau sur T18 est remarquable. À noter les braillante interventions de Nathalie Schuck, Mathieu Souquière, Alexandre Pointier, François Dubet.

On pourrait généraliser leur analyse à l’ensemble du système administratif français. C’est le message de personnalités comme Jean-Louis Borloo. Il dit que le problème ne vient pas :

  • Des fonctionnaires,
  • De leur engagement,
  • De leur capacité de travail.

Il vient de l’organisation du système de gouvernance de la France, qui dévore l’efficacité de tous, dilapide nos impôts et encombre tout le monde.

La dernière fois que j’en ai parlé à Arnaud Montebourg, il m’a dit : « En dehors du fisc et de l’armée, rien ne marche. Toutes les autres administrations sont à réformer. »

Ce qui manque ? Du courage politique. Parce que des rapports, on en a plein nos armoires, comme le dit Alexandre Pointier.

Bref, aux prochaines élections, il va falloir voter non pas pour ceux qui disent, mais pour ceux qui auront le courage de faire.

Qu’en pensez-vous ?

*Je trouve tout de même sa description de la droite libérale française un peu caricaturale. Je pense que personne en France ne dit qu’il faut « fermer les administrations et virer tous les fonctionnaires pour que ça marche ». Je me considère comme libéral et peux témoigner que nous demandons un allègement, pas une disparition.

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