Grande distribution : quand la guerre des prix fragilise l’industrie agroalimentaire française

Auditionnée par une commission d’enquête parlementaire, l’ANIA dénonce des pratiques de la grande distribution qui fragilisent les PME agroalimentaires françaises et accélèrent les délocalisations.

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Grande distribution, machine à délocaliser ? Comment l’obsession du pouvoir d’achat tue nos PME agroalimentaires.

Pendant que le Salon International de l’Agriculture peine à retrouver son affluence habituelle, se déroule une commission d’enquête parlementaire fort intéressante. Elle a pour objet de faire la lumière sur ce qui appauvrit nos agriculteurs.

Entre deux auditions de patrons de grands distributeurs qui disent que le problème doit venir des industriels, il y a eu l’audition de l’ANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires). Cependant, ce qu’on y entend est révoltant.

En effet, on y découvre les bien sombres pratiques de grandes surfaces et de hard-discounters. Ils disent défendre notre pouvoir d’achat… au prix de la disparition de nos emplois industriels.

Organisées en plateformes d’achat et de services, certaines des marques préférées des Français étranglent nos PME. Sans que ces dernières puissent témoigner, tant elles ont peur des représailles.


Les responsables de l’ANIA signalent en effet :


– Que des PME sont convoquées plus de 20 fois pour référencer un produit simple.
– Que ces convocations ont parfois lieu, pour des magasins français, à 1 h 30 d’avion de la France, pourquoi pas le dimanche soir !
– Que les enseignes obligeraient les PME à leur acheter des services (données marché, rendez-vous top-to-top) surévalués, voire fictifs.

De plus, quand une PME n’en peut plus ou refuse ces pratiques, elle est déréférencée. Ce qui signifie, vu les parts de marché de la grande distribution, arrêt des chaînes de production, licenciements, voire fermeture.

Voilà comment notre obsession du pouvoir d’achat à court terme conduit la France :
– À faire que ses usines n’ont plus les moyens d’investir, d’augmenter les salaires, de maintenir l’emploi.
– À importer toujours plus de produits cultivés ailleurs qui ne respectent pas les normes qu’on impose à nos agriculteurs.

Hier, j’étais avant-hier à Montbéliard pour lancer le nouveau club FFI animé par Lionel Martin.
Il avait fait venir le patron d’une usine suisse qui nous expliquait que là-bas, ils ont fait le contraire. Leur marché est protégé, les prix sont élevés, mais les salaires le sont encore plus. Et il n’y a pas de chômage.

Suis-je le seul à penser qu’il faudrait s’inspirer de ce modèle ?

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