Gilles Attaf dénonce la novlangue des achats publics

Pour Gilles Attaf, président d’Origine France Garantie, la réindustrialisation française reste largement un discours politique. Derrière les mots, les achats publics continuent selon lui de fragiliser les PME et l’industrie nationale.

Publié le

Modifié le

Rédigé par

Pour réindustrialiser, il faut que nos dirigeants sortent des postures et fassent vraiment le travail.
Mon œil ! C’est la chronique que Gilles ATTAF publie sur sa page LinkedIn concernant la novlangue.

Le Président d’Origine France Garantie y décrypte les non-dits, les faux-semblants de la réindustrialisation. Selon lui, ceux qui nous gouvernent en abusent pour masquer leur manque de volonté politique.

En effet, il y a deux jours, Gilles y dénonçait la novlangue employée par les achats publics.

Par manque de patriotisme, ces derniers, qui auraient pu être :
– Une manne pour les PME et ETI de nos territoires.
– Un socle pour leur assurer visibilité et stabilité dans leurs carnets de commandes.
– Contribuent, en réalité, à l’alourdissement de notre déficit commercial et au renforcement de nos concurrents internationaux.



Aucun pays, rappelle-t-il, ne ponctionne autant les entreprises que la France.


Parce que l’État saura mieux dépenser l’argent au service de l’intérêt général ? Mon œil ! C’est même le contraire. Chez nous, l’achat public est moins patriote que l’achat privé !

On le sait depuis des années. Mais personne ne réforme cela. Au pays de l’indignation permanente, aucune grogne citoyenne d’ampleur ne s’est levée.
À cause de la novlangue des achats publics, tonne Gilles ATTAF !

« Comment désindustrialiser sans jamais le dire ? À écouter les discours, la France relocalise, sécurise, réarme son appareil productif. Dans les faits, la puissance publique continue d’acheter massivement à l’étranger ce que nos entreprises savent produire. »

Ainsi, pour que rien ne choque, nos gouvernants utilisent les mots qui vont bien. « On n’achète plus au moins-disant, on “optimise la dépense”. On ne détruit pas des filières : on « renforce la concurrence ». Nous ne créons pas de dépendance : on « diversifie les approvisionnements ».

« Quand un appel d’offres écarte de fait les producteurs français soumis à des normes exigeantes, on ne parle pas d’asymétrie. On parle « d’ouverture » ! »

Pour le cofondateur des Forces Françaises de l’Industrie, ce « vocabulaire ne change pas les faits. Il change simplement la façon dont on les accepte. La réalité reste la même : on privilégie l’offre la moins chère à court terme, même si elle fragilise des filières entières sur le territoire. »

Quand on crie à l’incohérence, on nous répond qu’on « ne peut pas agir ». « Le droit européen nous l’impose ». Un droit qui permet pourtant « d’intégrer des critères environnementaux, sociaux, de traçabilité ou de sécurité d’approvisionnement ».

Les autres pays européens le font. Cependant, nous non.

Bref, pour faire vraiment ce qu’il faut, commençons par « appeler les réalités par leur nom ». La novlangue ne masque plus seulement le problème : elle devient l’un de ses principaux moteurs ».



Vous voulez en savoir plus, abonnez-vous à la chronique de Gilles ATTAF !

Nos derniers articles