« Pourquoi les Français sont aussi réticents à prendre les réformes que tous les autres ont prises pour réparer leur économie ? »
C’est l’une des questions que j’ai posées à Natacha Polony lors de l’entretien qu’elle m’a accordé. C’était pour la chaîne des Forces Françaises de l’Industrie. L’intégralité de notre échange est disponible sur Ytb ou sur les plateformes de podcast.
Depuis que je m’intéresse au sujet du décrochage économique français, c’est-à-dire depuis les années 1980, j’ai toujours été fasciné par une chose. On critique nos élites, mais on estime que le peuple a peu de responsabilité dans tout cela.
Pourtant, lui ai-je fait remarquer, les Français savent descendre dans la rue quand ils ne sont pas d’accord avec une réforme.
Et d’ailleurs, ils le font… Mais quasiment uniquement contre des réformes économiques qui pourraient leur sauver la retraite. Donc ils défilent contre le sauvetage de leur propre système ?
De même, a-t-on vu des manifs contre les 35 h qui ont ruiné tant de nos PME et ETI industrielles ? Contre les impôts sur la transmission des entreprises qui ont obligé tant de familles à vendre des entreprises qu’elles possédaient parfois depuis des générations à des fonds d’investissement court-termistes ?
Non. Et après, ce sont les mêmes personnes, les électeurs qui se plaignent de la stagnation du pouvoir d’achat, de l’augmentation de la dette publique, de l’affaissement de nos services publics ?
Je le vois tous les jours sur les réseaux sociaux, une bonne part d’entre nous estime encore qu’on pourra s’en sortir :
– Sans leur demander d’effort.
– En faisant payer les autres. Surtout les riches entrepreneurs, histoire de décourager les derniers qui investissent encore chez nous.
C’est pas en Suisse que ça arriverait, ai-je dit à Natacha Polony en concluant pas : « Certes, l’élite ne fait pas le job, mais on a l’élite qu’on mérite. »
Écoutez sa réponse. Je la trouve très intéressante.
J’imagine que plein de gens ne seront pas d’accord avec la question que je lui ai posée. Et qu’on va s’engueuler.
Mais bon, comme dit à plusieurs d’entre vous récemment, les FFI, c’est le bistrot où on se parle des moyens de relever l’industrie et l’économie française. Et un bistrot où on ne s’engueule pas, c’est un bistrot qui va mal.
Allez, dites-nous ce que vous pensez. Je mets mon casque et mon gilet pare-balles, en attendant.