Investisseurs étrangers et entrepreneurs français se rejoignent : la France donne moins envie d’investir.

Il y a des convergences dont on se passerait. Hier, le Figaro titrait : « Les investisseurs américains ont rarement autant dénigré la France ». Selon lui, le baromètre AmCham-Bain est formel : les dirigeants de filiales américaines implantées en France estiment que l’attractivité de la France décroche.

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On trouve le même sentiment dans le texte publié par Philippe Veran dans la Tribune du Dimanche. Celui qui incarne l’une des plus belles réussites entrepreneuriale de sa génération dit le ras-le-bol de ceux qui investissent en France.

Ras-le-bol face aux prélèvements obligatoires qui font de l’entreprise une variable d’ajustement budgétaire. Mais surtout face au manque de considération dont témoigne cette pratique.

Pour lui, c’est une question de place et de respect de l’entrepreneur. On les sollicite sans cesse pour compenser les hésitations publiques. L’État pioche dans leur trésorerie sans gêne, quand il a des problèmes de fin de mois, sans faire lui-même les efforts qu’il demande aux autres.

Il les décourage ainsi, oubliant que ce sont eux qui transforment les idées en produits, les investissements en emplois et portent la responsabilité quotidienne de la paie, du risque et de la survie de leur activité.

L’attractivité de la France était pourtant largement remontée au début de l’ère Macron chez nos entrepreneurs nationaux ou chez les investisseurs internationaux.

Ce sont les débats budgétaires récents autour de la fiscalité des entreprises, des investisseurs, des riches qui ont écorné l’image de la France à l’international comme au niveau local.

Une attractivité fragilisée aux yeux des investisseurs étrangers

Chez les Américains, 94 % des investisseurs interrogés estiment que l’environnement politique présente des risques. Plus de la moitié jugent que la situation économique s’est détériorée en 2025. Et 41 % anticipent une poursuite de cette dégradation.

L’indice de recommandation de la France est donc largement en territoire négatif (-36 %). Les maisons mères américaines s’inquiètent ou renoncent.

Le gouvernement relativise, selon le Figaro. Les flux d’investissements resteraient élevés en 2025 (1 878 projets et 48 000 emplois).

Les atouts français demeurent : infrastructures, innovation, main-d’œuvre qualifiée, énergie décarbonée. Mais les faiblesses persistent devant l’absence de réformes : coût du travail, complexité administrative, rigidité sociale et instabilité fiscale.

Or 77 % des investisseurs américains doutent de la capacité du gouvernement à changer les choses.

La France, par ses archaïques débats fiscaux, a pris le risque de détourner des flux qui créent des entreprises, des emplois et des revenus pour l’État et la Sécu.

Heureusement, même fâchés, les entrepreneurs français resteront actifs. Philippe Veran l’assure : il reste combattif sur le plan des affaires et optimiste dans les capacités de son pays à rebondir.

On aurait pu faire mieux.

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