Englué dans ses propres procédures administratives, « on est passé de l’État ne peut pas tout à l’État ne peut rien faire ».
Nouvel extrait de l’excellente émission Pour tout dire, sur T18.
À la question « Sommes-nous gouvernés par des amateurs ? », Nathalie Schuck, Alexandre Pointier et Pierre-Henri Tavoillot ont répondu non.
Le problème, régulièrement décrit par des gens comme Jean-Louis Borloo, tient bien plus au système, complètement dysfonctionnel, qu’aux gens qui y travaillent. Ces derniers sont souvent compétents et dévoués. Mais ils n’arrivent plus à rien, tant les couches administratives s’entremêlent, la réglementation se contredit…
On en arrive à ce que beaucoup d’élus ou d’agents du service public déclarent : « Je voudrais bien, mais je peux point. »
Selon Nathalie Schuck, le problème est qu’Emmanuel Macron, comme les autres avant lui, a renoncé à son intention de réformer le système.
Les politiques, noyés sous les vagues d’aléas médiatiques à gérer, ne prennent plus le temps de manager leur administration : c’est l’administration qui décide. Tout en se disant elle-même noyée sous les annonces, les projets de loi et les amendements.
C’est la conséquence de la culture politique de l’annonce. On veut le grand plan, la réforme, le Grenelle. Mais personne n’est là pour descendre dans la soute et faire fonctionner la machine, selon Alexandre Pointier.
Du coup, les citoyens ne savent plus qui décide et qui est responsable. Et ils ont de plus en plus l’impression d’une confiscation de leurs prérogatives démocratiques par un système qui prend des décisions en mode automatique. Selon Pierre-Henri Tavoillot.
Résultat : on passe de « l’État ne peut pas tout » à « l’État ne peut rien ». Et parfois, pire, à un État qui empêche.
Le budget 2027 ne tire aucune leçon de cela. Pire, au lieu de réformer et de faire des dizaines de milliards d’économie :
- Il détourne notre regard en relançant la chasse aux entreprises familiales, aux investisseurs ou aux retraités…
- Le tout en prélevant toujours plus pour éviter d’affronter les corporatismes qui veulent que rien ne bouge.
À quand le retour du courage en politique ?
Qu’en pensez-vous ?