Safran sur le point d’acheter une pépite polonaise de renseignement géospatial par l’IA.

Il n’y a pas que les Américains qui rachètent les pépites étrangères. Dans la course actuelle à la souveraineté techno-industrielle, nos champions nationaux ne restent pas les bras croisés. C’est en tout cas ce qu’écrivait Anne Drif dans Les Echos hier.

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Safran serait en discussion préliminaire pour acquérir la société polonaise Satim.

Cette dernière est spécialisée dans le traitement par intelligence artificielle de l’imagerie radar SAR.

SAR est une technologie d’imagerie utilisée par des satellites, des avions ou des drones pour « voir » la surface de la Terre grâce aux ondes radar. Les technologies alternatives le font grâce à la lumière. Comme une caméra classique.

Un peu comme une chauve-souris, le Synthetic Aperture Radar (radar à synthèse d’ouverture) est capable, lui, d’opérer « tout temps, jour et nuit ».

Cette acquisition renforcerait la position du groupe français dans le renseignement géospatial, un domaine devenu central dans les conflits modernes.

Satim s’est récemment illustrée en signant un accord avec l’allemand Rheinmetall. Elle va donc soutenir un programme de satellites de reconnaissance destiné aux forces armées allemandes. La mise en production est prévue dès 2026.

La société a également noué des partenariats avec Thales. Il intègre déjà ses algorithmes dans son système de fusion de données Minds.

Elle a fait de même, selon Les Echos, avec le Finlandais ICEYE, acteur majeur des constellations de satellites radar SAR. Iceye collabore déjà avec Safran dans le domaine du renseignement géospatial.

Une acquisition de Satim permettrait à Safran :
– De consolider ses alliances européennes sur un marché très concurrentiel.
– Tout en poursuivant sa stratégie de montée en puissance dans l’IA de défense. Le groupe a déjà renforcé cette activité avec le rachat de la start-up française Preligens (Safran.AI (ex Preligens)), dont la croissance a bondi de 65 % l’an dernier.

Une stratégie assumée de souveraineté technologique européenne

Safran dispose d’atouts solides en Pologne, où il est fortement implanté, avec 1 500 salariés et de multiples partenariats industriels.

Le groupe a également multiplié les acquisitions stratégiques ces derniers mois, comme Orolia ou Syntony, spécialisées dans les systèmes de navigation et les technologies satellitaires résistantes au brouillage.

Le Directeur Général de l’entreprise, Olivier Andriès, affiche clairement son ambition : saisir des opportunités dans les technologies critiques de défense.

L’éventuel rachat de Satim s’inscrirait pleinement dans cette logique de consolidation européenne et de souveraineté technologique.

Voilà pourquoi la France a besoin de ses grands groupes. Les opposer aux PME et ETI n’a aucun sens. Soyons plutôt fiers de nos champions.

Allez Safran !

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