Lionel Martin, l’industrie chevillée au corps et la réindustrialisation en ligne de mire

Lionel Martin vient de lancer deux franchises FFI. L’une à Chalon-sur-Saône, l’autre du côté de Montbéliard et du Nord Franche-Comté. Du montage de turbines nucléaires à 18 ans à l’accompagnement stratégique des PME et ETI françaises, le parcours de Lionel Martin raconte une histoire profondément industrielle, humaine et engagée. Fondateur de FABELSA et membre actif des Forces Françaises de l’Industrie, il s’engage au jour le jour pour aider les entreprises industrielles à rester, produire et se développer en France.

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​​D’ouvrier à dirigeant industriel : un parcours forgé sur le terrain

Né à Belfort, Lionel Martin entre très jeune dans l’industrie par la voie de l’apprentissage. Après un passage en CFA, il devient ouvrier dans le montage de turbines à vapeur chez Arabelle Solutions. À seulement 18 ans, il participe au montage de l’une des premières turbines Arabelle destinées au nucléaire. « Je n’étais pas fait pour l’école, j’étais plutôt rebelle. Mais j’avais l’esprit de groupe. Le CFA a été un déclic : je me suis dit “finalement, t’es pas si con que ça” », confie-t-il. Pour Lionel, c’est l’industrie qui l’a aidé à s’émanciper. “Elle nous fait grandir individuellement, collectivement et c’est pourquoi cette réindustrialisation qui nous est chère se doit d’être durable.

En parallèle de son activité professionnelle, il suit sept années de cours du soir, puis intègre une école d’ingénieurs. Aujourd’hui, il est également titulaire d’un MBA de l’IAE Paris et de certifications de l’INSEAD « Transforming your Business with AI » ainsi que « M&A success strategies ». Cette persévérance l’amène à gravir progressivement tous les échelons de l’entreprise industrielle. Il passe par l’ensemble des fonctions : production, management, stratégie, direction.

Il évolue ensuite dans l’industrie technologique, avant de devenir Directeur Général d’Aperam. C’est l’un des trois principaux producteurs mondiaux (non asiatiques) d’acier inoxydable. Ses clients sont répartis sur plus de 30 pays dans : l’aérospatial, l’automobile, la restauration, la construction, l’électroménager, etc. Là-bas, Lionel dirige deux entités industrielles, représentant plus de 900 collaborateurs et plusieurs centaines de millions d’euros de chiffre d’affaires.

FABELSA et les FFI : entreprendre pour faire gagner l’industrie française

Puis Lionel est devenu entrepreneur. Il a créé FABELSA comme une évidence. « Depuis longtemps, j’avais cette envie d’entreprendre, de faire les choses à ma façon, et surtout d’assumer ma fierté du Made in France », explique-t-il. Le nom de cette entreprise a des racines personnelles. Il rassemble les prénoms de sa fille et de ses petits-enfants : Florie, Abel et Elsa.

FABELSA s’articule autour de trois piliers complémentaires. FABTERRITOIRES, dédié à l’animation des clubs des Forces Françaises de l’Industrie. Notamment en Nord Franche-Comté (territoire durement touché par la désindustrialisation) et bientôt en Saône-et-Loire. La seconde branche est dédiée au conseil stratégique et opérationnel. Elle aide les PME et les ETI (Entreprises de Taille Intermédiaire) à restaurer leur compétitivité. Mais aussi, à préparer des opérations de fusion-acquisition, de cession ou de transmission. Enfin, une troisième branche travaille au développement d’une intelligence artificielle dédiée au Made in France, actuellement en phase de R&D.

« Plus on fait tourner les usines, plus on soutient notre modèle social », martèle-t-il. Les clients de FABELSA sont majoritairement des PME et ETI de l’Est et du Nord de la France. Ils sont en phase de croissance, de transmission ou de transformation stratégique. Lionel s’est donné une mission claire : éviter les fermetures, les ventes à l’étranger et la perte de savoir-faire.

Son engagement au sein des Forces Françaises de l’Industrie s’inscrit dans la même logique. Découvert sur Linkedin puis lors de La Plage aux Entrepreneurs, le mouvement lui a tout de suite parlé. « Les FFI, c’est la résistance du Made in France, mais surtout sa promotion. On explique comment ça marche et pourquoi produire en France a du sens ».

Avec les FFI, Lionel Martin poursuit plusieurs objectifs : fédérer les acteurs économiques du territoire, créer du lien entre dirigeants, acheteurs et partenaires, favoriser l’entraide, faire émerger des projets concrets et peser sur les politiques de réindustrialisation. « L’industrie, c’est l’avenir. Si on crée de la valeur, on préserve notre système social et on agit pour les générations futures », conclut-il.

À travers FABELSA et les Forces Françaises de l’Industrie, Lionel Martin passe un message qui lui ressemble : la réindustrialisation ne se décrète pas, elle se construit, collectivement, sur le terrain.

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