Cotisations sociales : pourquoi un cadre français coûte-t-il 30 % plus cher qu’un cadre allemand ?

Pour Laurent Moisson, selon Louis Gallois, l'absence de plafonnement des cotisations pèse sur la compétitivité de l'industrie française.

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À salaire net égal, un cadre ou un ingénieur allemand coûte 30 % moins cher. Du fait du poids des charges sociales françaises.

Lors de notre conversation avec Louis Gallois, disponible en intégralité sur notre chaîne de podcast, il est revenu sur l’adoption du Crédit d’impôt recherche. C’est lui qui l’a recommandé dans son célèbre rapport.

Ce qui est aujourd’hui vu par certains partis comme un « cadeau aux entreprises » n’est en fait que la restitution des abus du système français.

Car au-dessus d’un certain montant, les cotisations sociales de la plupart des pays sont plafonnées. C’est-à-dire qu’elles n’augmentent plus quand le salaire net, lui, continue à augmenter. Comme le dit Louis Gallois dans cette vidéo.

Pourquoi ?

Parce qu’ailleurs, on considère que quand les cotisations ont atteint une certaine somme, elles ont déjà largement payé plus que les frais de santé, d’école, etc. du cotisant. Et ont, en plus, suffisamment participé à la solidarité. Pour ces pays, il n’est pas juste d’en rajouter.

En France, la logique est différente. Les cotisations ne sont pas plafonnées. Si bien que les salaires plus élevés sont chargés bien plus qu’ailleurs.

On peut disserter du bien-fondé de ces deux philosophies. Mais leur différence a un impact concret. Un ingénieur ou un cadre français coûte 30 % plus cher que son homologue en Allemagne. Cela nuit à la compétitivité de l’industrie en France. Et donc à la réindustrialisation.

Vouloir réindustrialiser sans réformer en profondeur notre système social est au mieux un vœu pieux, au pire une imposture coupable.

Réformons-nous tant qu’il est encore temps. Notre système a fait la preuve de son inefficacité.

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