Normes : Sommes-nous passés de l’inconscience à la paranoïa ?
Et si on parlait de l’évolution de notre rapport au risque ? En tant que société, que citoyen, que professionnel.
Car, si on peut critiquer l’excès de normes, il ne vient pas de nulle part. Nous avons développé, ces dernières années, une tendance à vouloir un risque zéro. Ceux qui produisent des normes ne font que le mettre en musique. Bon, de façon maladroite et contradictoire, parfois, mais c’est l’idée.
C’est ce que j’ai fait via une intéressante discussion avec François SEGURA, fondateur du courtier en assurance SEGURA & Associés. L’intégralité de notre échange est consultable sur les plateformes de podcast. Sur les chaînes Forces Françaises de l’Industrie que nous y avons ouvertes.
Ce que dit ce courtier qui parvient à assurer des usines dont d’autres assureurs ne veulent pas est tout à fait frappant. Dans beaucoup de domaines où le risque n’était pas considérable, on se satisfaisait, il y a encore quelques années, de dispositifs de sécurité légers.
Était-ce suffisant ? Oui à beaucoup d’endroits, non à d’autres. Il revenait aux professionnels et à leurs assureurs d’évaluer ce risque et de mettre en place les dispositifs qui permettaient d’y faire face.
Aujourd’hui, avec la généralisation du risque zéro, les demandes de certaines administrations ou assurances sont devenues telles qu’elles ne peuvent pas être assumées par les industriels.
Ainsi :
- Certaines usines n’ouvrent pas parce que les dépenses liées aux normes de sécurité sont trop lourdes.
- Certaines usines qui fonctionnent doivent fermer.
- D’autres encore, et de plus en plus, fonctionnent sans assurance. Si un accident arrive, personne n’est couvert.
Selon François SEGURA :
- C’est par une évaluation fine des choses qu’on parvient à convaincre assureurs et administrations. Le dialogue est compliqué, mais pas impossible.
- Il faut remettre de l’expertise dans les analyses de risque.
- Afin de mettre le paquet quand il y a de réels dangers et de rester plus légers quand le danger est faible.
En matière de sécurité comme d’autre chose, le dogmatisme crée le contraire de ce qu’il recherche.
Plus généralement, et philosophiquement, le risque fait partie de la vie. Il faut l’évaluer, s’en protéger de façon raisonnable. Mais on ne peut pas passer son existence à le refuser. Qu’on soit citoyen, entrepreneur, assureur, élu.
Qu’en pensez-vous ?