Revenus du capital : 68 % des gains d’un investisseur partent-ils vraiment en impôts ?

Pour Laurent Moisson, une étude d'Asterès montre que les revenus du capital sont bien plus taxés qu'on ne le dit, une fois comptés les impôts payés dans l'entreprise.

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Billets cachés sous un lit : l'épargne des Français ne s'investit pas dans les entreprises, malgré des revenus du capital lourdement taxés

Les revenus du capital moins taxés que ceux du travail ? Une étude d’Asterès pour le Meti démontre le contraire.

Selon une étude sortie la semaine dernière, 68 % des gains d’un investisseur partent en impôts. Et pas 31 %, comme on l’entend souvent.

Parce qu’avant de verser un dividende et de payer la flat tax, l’argent de l’investisseur a déjà payé 3 types d’impôts au sein de l’entreprise : cotisations sociales, impôts de production, impôt sur les sociétés. Et s’il n’avait pas payé ces impôts, les dividendes auraient été plus importants.

Ça vous paraît bizarre ? Je vous explique.

Quand un investisseur apporte de l’argent à une entreprise, c’est pour qu’elle se développe.

L’entreprise peut ainsi payer plus facilement ses salaires (taxés via les cotisations sociales), investir dans des machines, des bâtiments, des véhicules… (taxés via des impôts « de production ». Ils sont 7 fois plus élevés qu’en Allemagne).

Dans certains cas, les affaires ne sont pas assez bonnes pour couvrir ces coûts, investissements et impôts. L’entreprise entre alors en difficulté et peut disparaître. Il y a 70 000 faillites par an. L’investisseur perd alors son investissement.

Dans d’autres cas, l’entreprise progresse, se développe, embauche et fait des bénéfices. Ces bénéfices sont taxés à 25 % (impôt sur les sociétés).

Une partie de ces bénéfices reste dans l’entreprise, pour investir, embaucher, faire face aux coups durs. Une autre partie peut être versée comme rémunération à l’investisseur. Ce sont les dividendes, taxés à 31,4 %.

Bilan : quand un investisseur ne perd pas sa mise, pour 100 € de richesse créée pour l’investisseur, il lui en reste à peine 30 €.

Environ 57 € sont prélevés dans l’entreprise : 29 € de charges sociales, 20 € d’impôts de production et 7 € d’impôt sur les sociétés. Puis environ 14 € de flat tax.

Et là, vous vous dites : vous mélangez les choux et les carottes pour nous faire pleurer. Parce que la Sécu, ce n’est pas un impôt, ce sont des cotisations sociales.

Eh bien justement, non !

Car de plus en plus d’économistes considèrent qu’on fait porter aux cotisations sociales une partie de l’impôt. En douce… histoire d’éviter les critiques. Sauf qu’on vous a vus, les gars !

Explication dans ce carrousel.

Pour détourner le regard de ces astuces comptables, certains essaient de nous faire croire :

  • Que les investisseurs français s’enrichissent facilement.
  • Qu’on peut encore alourdir leurs taxes.

À la fin, ça fait qu’il est moins intéressant d’investir en France qu’ailleurs.

Les Français disposent pourtant de l’une des épargnes les plus importantes du monde. Mais elle ne s’investit pas dans nos PME et ETI.

Si bien que nos entreprises sont moins capitalisées, embauchent moins, paient moins bien et innovent moins que ce qu’elles pourraient faire.

Quand on demande aux Français pourquoi ils préfèrent le bas de laine aux actions non cotées, ils répondent : c’est trop risqué d’investir.

Paradoxe… Votre avis ?

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