Une base déjà solide qui ne cesse de se renforcer quand la base française, elle, stagne.
Ce projet, s’il était mené à son terme, mettrait un terme à la promesse de voir tous les modèles électriques de la marque, hors Twingo, produits en France.
Ceci pour des raisons de coûts de production.
Les véhicules électriques se vendent mal. Il faut donc en baisser le prix. Or, la compétitivité des usines espagnoles est devenue meilleure que celle des françaises.
La menace est à peu près la même chez Stellantis.
Hier, La Tribune révélait que le constructeur italo-français regrettait les excès de l’ère Tavares. Ce dernier, afin de baisser ses dépenses, avait beaucoup trop réduit le nombre d’ingénieurs et les investissements en R&D.
Alors qu’il venait d’annoncer le développement de nouveaux moteurs thermiques, Antonio Filosa, son directeur général, annonçait le retour des embauches massives d’ingénieurs.
Sur les 1 400 postes créés en France, 700 seront ouverts pour des ingénieurs.
« La frugalité de l’ère Tavares a fait des ravages sur la qualité », écrit La Tribune.
Les embauches repartent donc chez Stellantis.
Bonne nouvelle donc !
Les risques persistent pour la recherche et le développement en France
Mais, comme l’écrit La Tribune, « les ingénieurs français ne doivent surtout pas se réjouir trop vite. Car, au fur et à mesure de la mainmise des Italiens sur le groupe à la suite de la nomination d’Antonio Filosa, le groupe ne néglige plus l’Italie, délaissée sous la direction précédente. »
Si 22 % des effectifs de recherche-développement et 30 % des ingénieurs et cadres de Stellantis étaient encore en France en 2025, les choses pourraient changer.
Le moteur PureTech, produit surtout à Trémery (Moselle), est aujourd’hui concurrencé par un moteur italien qui pourrait justifier une bascule R&D en défaveur de la France.
Bref, alors que le marché de l’automobile français n’en finit pas de décroître, les effectifs des constructeurs se déplacent eux aussi hors de France.
Pas vers l’autre bout du monde. Non. Vers nos voisins qui, réformes après réformes, ont pris l’ascendant sur le modèle français et son manque de compétitivité.
L’industrie, c’est mécanique. Les mêmes causes produisent généralement les mêmes effets.