Le 24 septembre prochain, à Lille, en collaboration avec Origine France Garantie et Nord France Invest, nous organisons un grand événement qui célèbre les entreprises familiales.
Ce sera la première étape d’une tournée que nous voulons nationale.
Pourquoi cet engagement ?
Parce que ces entreprises, qui représentent la majorité de nos PME et de nos ETI, sont généralement plus vertueuses que la moyenne.
Elles ne sont pas financiarisées.
C’est-à-dire qu’elles sont aux mains d’actionnaires familiaux qui voient loin. Parce qu’ils veulent transmettre leur entreprise à leurs enfants. Alors, ils doivent construire patiemment.
Le président de Sisley Paris et coprésident du METI – Mouvement des Entreprises de Taille Intermédiaire, le rappelle ici.
Si les entreprises familiales ne sont pas les seules à privilégier le temps long, elles y ont structurellement intérêt.
Cela les incite à construire des équipes qui marchent plutôt qu’à optimiser la rentabilité du trimestre par un management parfois brutal.
Selon Philippe d’Ornano, tous les employés de l’entreprise le ressentent.
Le 24 septembre, à Lille, nous rappellerons à ceux qui veulent surtaxer la transmission de ces entreprises d’une génération à l’autre qu’ils se trompent.
Eux voient dans la transmission une rupture de l’égalitarisme.
Leur approche est en fait le meilleur moyen de transformer une entreprise familiale enracinée dans son territoire en une entreprise financiarisée.
Comment ? En suivant ce processus :
– On surfiscalise la transmission d’une entreprise (on était à 45 % d’impôt pour l’héritier avant les lois de Renaud Dutreil).
– L’héritier ne peut généralement pas payer ces sommes.
Donc soit il endette lourdement son entreprise pour se verser la rémunération lui permettant de payer. Alors, il la met en danger car, au lieu d’investir, elle doit lui fournir de quoi payer les droits de succession.
Souvent, ça finit au tribunal de commerce avec une entreprise en faillite. Éventuellement rachetée par un fonds vautour.
Soit il vend l’entreprise afin de payer les droits de succession. Comme il doit le faire vite, car le fisc n’attend jamais, il vend à ceux qui ont l’argent tout de suite.
C’est-à-dire souvent des fonds ou des grands groupes. L’entreprise cesse alors d’être familiale. Les fonds, souvent étrangers, cherchent alors à optimiser la rentabilité de leur investissement. Car ils doivent revendre leurs parts 5 ou 7 ans plus tard.
Ainsi, en ne défendant pas les entreprises familiales et leurs actionnaires, on en arrive à favoriser les fonds. Notamment ceux de Wall Street. Est-ce cela la justice fiscale ?