Est-il encore possible d’entreprendre en France ? Ou faut-il aller le faire ailleurs…

Réunis au Méridional Economic Forum à Marseille, entrepreneurs, investisseurs et anciens ministres ont lancé un message commun : malgré les difficultés, la priorité est de rester et de réformer la France.

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Après l’alerte tirée par le magazine Challenges sur la reprise des départs des plus riches d’entre nous. Vous pouvez retrouver l’essentiel dans cette vidéo.

Après les révélations faites à la presse par plusieurs cabinets en gestion de fortune affirmant que l’exil fiscal de leurs clients était reparti.

Le Le Méridional Economic Forum – MEF a eu l’audace, l’outrecuidance diront certains, de nommer son édition 2026 « Je pars ou je reste ? Est-il encore possible d’entreprendre en France ? ».

Dans notre pays si soucieux depuis toujours des convenances, la provocation, la vraie, celle qui contredit la pensée dominante, est souvent mal accueillie. La pratiquant fréquemment via cette infolettre que vous êtes de plus en plus nombreux à lire (merci !), je peux en témoigner : elle outre les bonnes consciences, déclenche l’indignation et ne manque jamais de déchaîner les critiques, les insultes parfois, des partisans du monothéisme moral de chaque époque.

Alors autant vous dire qu’oser un titre aussi blasphématoire dans une France aussi pétrie d’égalitarisme demande une certaine dose d’insolence et de courage. Il n’a d’ailleurs pas manqué de faire bondir ceux qui pensent encore qu’il suffit de taper sur les entrepreneurs (surtout quand ils ont du succès) pour faire le bonheur de leurs salariés. Et nous avons eu droit à quelques noms d’oiseau, dès les premiers posts annonçant la tenue de cette matinée prometteuse.

Bref, l’événement était osé, le ton bravache, les critiques nombreuses. Il était donc indispensable que les Forces Françaises de l’Industrie y soient représentées.

J’ai eu l’honneur d’y intervenir. Au milieu de deux anciens ministres, un libéral (Guillaume Kasparian), un colbertiste devenu patron et investisseur (Arnaud Montebourg), d’entrepreneurs incroyablement talentueux et patriotes (Philippe Veran, qui a fermé une usine aux US pour l’installer à Salon-de-Provence ! Et Geneviève Melkonian qui n’a pas renoncé à fabriquer ses machines minières dans un pays qui a pourtant renoncé à exploiter ses mines), d’un économiste entrepreneur (animal assez rare) aux analyses philosophiques rafraîchissantes (Jean-Baptiste Jaussaud), le tout animé de main de maître par Jean-Jacques Bourdin et organisé par Francis Papazian.

La salle était pleine d’entrepreneurs (de l’industriel aux milliers d’employés jusqu’aux petits commerçants et autres solopreneurs), mais aussi de salariés, d’agents des collectivités locales ou d’enseignants.

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Tous étaient là pour entendre ce qu’avaient à dire les créateurs de cette richesse que nous aimons redistribuer en France : les entrepreneurs.

Et ceux qui étaient sur scène ont envoyé un vrai message de résistance :

  • Évidemment, le système français et sa méfiance pour les entreprises et ceux qui les possèdent freinent et handicapent nos champions face à une concurrence internationale de laquelle aucune frontière ne les protège.
  • Évidemment, le sentiment de devoir contribuer chaque année plus à un modèle qui ne fait aucun effort pour se réformer et mieux se gérer les agace au dernier point. Ainsi que les discours inquisiteurs de ceux qui font passer les entrepreneurs pour des privilégiés suspects qui n’auraient aucun mérite.
  • Évidemment, ont-ils dit, il y aurait plus d’entreprises qui se créeraient et resteraient en France si la pression fiscale et normative ne décourageait pas tant de candidats à l’entrepreneuriat.

Mais tous ceux qui étaient sur scène et dans la salle étaient animés d’un esprit combatif. Partir de France, renoncer à entreprendre dans le pays qui nous a façonnés peut paraître plus facile. Mais aucun d’entre nous n’a trouvé cette solution acceptable.

Il faut donc rester et se battre pour recréer des conditions permettant un meilleur épanouissement de nos PME régionales.

Depuis que nous avons créé, avec Gilles ATTAF et Emmanuel DELEAU , les Forces Françaises de l’Industrie, nous en avons vu des chefs d’entreprise qui se battent quotidiennement contre leurs concurrents, tout en se débattant dans un système administratif aussi lourd, coûteux, qu’illisible.

Nous avons lancé ce mouvement parce que nous trouvions qu’on n’entendait pas assez les patrons de PME enracinés dans les territoires. Beaucoup d’entre eux se battaient discrètement contre leurs concurrents internationaux tout en se débattant, silencieusement, dans le système administratif lourd, complexe et coûteux qui est le nôtre.

Mais sur cette scène, à Marseille, le silence s’est brisé.

Alors que nous allons bientôt être courtisés par des partis politiques qui connaissent mal ou se moquent complètement des entreprises, les entrepreneurs présents au Le Méridional Economic Forum – MEF ont sonné l’alarme. Celle du début d’un mouvement de fond où nous, patrons grands et petits, devons mobiliser bien au-delà de nos confrères, tous les étudiants, les retraités, les employés, les agents du service public, les élus de proximité et tous ceux qui savent que c’est en remettant les entreprises au cœur de notre système économique et social que nous redresserons notre pays.

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Il faut révolutionner notre système. Et comme jusqu’ici, toutes les révolutions qui sont remontées de Marseille en chantant ont connu le succès, soyons sûrs que l’initiative du MEF se répandra dans toutes nos régions.

Hier, je déjeunais avec Lionel Roques. Il me confirmait que son événement « Laissez-nous faire », qui regroupe plusieurs collectifs d’entrepreneurs, se tiendra à Aix-en-Provence les 20, 21 et 22 juillet prochain.

Quant à nous, Forces Françaises de l’Industrie, nous sommes heureux de vous annoncer que nous organisons, en association avec Origine France Garantie et en partenariat avec Nord France Invest (agence d’attractivité de la Région Hauts-de-France ), l’événement Entreprendre en France. Il se déroulera le 24 septembre prochain à Lille.

Inscription ici : https://luma.com/ffi-5f7w?lm_source=embed

Oui, pas de Plage aux entrepreneurs pour nous cette année. Mais le réchauffement climatique nous promet un automne aussi beau, au nord, qu’une fin d’été au sud.

Nous y valoriserons, en présence du ministre de l’Économie Roland Lescure, de Xavier Bertrand, de Natacha Polony, Louis Gallois et Renaud Dutreil, le rôle des entreprises familiales sur nos territoires. Nous soulignerons, pour qu’aucun programme présidentiel ne les oublie, leur impact positif sur notre souveraineté économique.

Nous serons plusieurs centaines à les encourager. Pour vous inscrire, c’est ici. Venez nombreux !

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