L’automobile européenne s’effondre ?

Porté par Renault, Stellantis et désormais par les équipementiers chinois, le Maroc accélère sa montée en puissance dans l'automobile électrique. Une stratégie industrielle qui contraste avec les difficultés rencontrées par l'Europe.

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Pendant ce temps, le Maroc devient une puissance industrielle.

Alors que la France et l’Europe se sont éloignées de l’état d’esprit qui permet à un peuple de construire ou d’entretenir sa puissance industrielle…

… Le Maroc, lui, avance de façon résolue sur la voie du progrès technique et de la prospérité économique.

En se montrant attractif pour les investisseurs et les entreprises. En formant ses travailleurs. En alignant les intérêts. Sans coups de com, sans tempête émotionnelle, chasse aux riches ni foire aux boucs émissaires. Méthodiquement.

L’un des secteurs qui illustre le mieux cette émergence continue est celui de l’automobile.

Plusieurs journaux s’en sont fait l’écho il y a quelques jours.

Longtemps appuyé sur les investissements français pour bâtir son industrie automobile (Renault est à Tanger et Stellantis à Kénitra), le royaume attire désormais les équipementiers chinois.

Son objectif est d’accélérer sa transition vers l’électrique en créant une filière locale de production de batteries.

L’interdiction européenne des moteurs thermiques à partir de 2035 a servi de déclencheur. Pour rester intégré à la chaîne automobile européenne, le Maroc doit savoir fournir les composants des futurs véhicules électriques.

Ainsi, le projet de Gotion High Tech construit une gigafactory dans la zone franche de Kénitra. D’autres acteurs chinois, comme CNGR Advanced Materials, se sont déjà installés près de Casablanca pour produire des matériaux pour batteries.

Le Maroc dispose d’atouts importants. Notamment de réserves de phosphate, avantage précieux pour les batteries lithium-fer-phosphate. Par ailleurs, son électricité est de plus en plus décarbonée grâce aux investissements solaires considérables qu’il a réalisés.

Mais l’intérêt chinois dépasse les seules batteries. Le pays offre un écosystème automobile mature, avec 220 000 emplois et 250 équipementiers. Son coût du travail est compétitif, sa réglementation stable, sa fiscalité attractive. Le tout s’appuie sur la puissance logistique du port Tanger Med, qui relie efficacement le Maroc à l’Europe.

Et comme, par la magie des décisions européennes, le Maroc fait partie des pays qui pourraient être couverts par les futures règles du “Made in Europe” (si si, je vous jure !)…

… Ses produits pourront entrer en Europe sans taxe supplémentaire. Cela en fait une plateforme idéalement placée pour les investisseurs asiatiques.

C’est pour cela que, selon BMI Fitch Solutions, le Maroc a capté 23 des 45 investissements chinois d’équipementiers recensés ces trois dernières années dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord.

La France reste le premier investisseur étranger du pays, mais la dynamique change.

Bravo au Maroc !

Quand à nous… Pourquoi ne pas prendre exemple sur un pays qui a pris exemple sur le nôtre avant que nous perdions la tête ?

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