La France ne paye pas assez ses médicaments.

Selon Stéphane Bancel, PDG de Moderna, seuls 40 % des médicaments approuvés en Europe depuis 2020 sont disponibles en France. En cause, des prix jugés trop faibles qui poussent certains laboratoires à privilégier d'autres marchés.

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De plus en plus de médicaments ne sont pas distribués chez nous.

Le patron du laboratoire Moderna, Stéphane Bancel, a été très clair sur BFM :

« 6 médicaments sur 10 approuvés en Europe depuis 2020 ne sont pas disponibles pour les patients français. »

Nous ne disposons donc que de 40 % des médicaments les plus modernes. En Allemagne, ces mêmes médicaments sont disponibles à 90 %, et à 70 % en Italie.

Parce qu’elle ne paye pas ses médicaments assez cher, la France est moins bien servie que ses voisins. Les pénuries se multiplient donc. Parce qu’un nombre croissant de laboratoires décident de ne pas vendre leurs médicaments en France. Ils peuvent les vendre plus cher ailleurs. Alors, ils le font. Tout simplement.

Autre sujet lié : nous sommes de plus en plus dépendants de la Chine. Cette dernière produit 60 % des médicaments du monde et augmente encore ses parts de marché.

Là, le cas français n’est pas isolé. C’est tout l’Occident qui s’est mis dans cette situation. Mais, pour la France, c’est encore plus net.

Notre pays était une puissance pharmaceutique. Aujourd’hui, nous ne produisons presque plus rien.

Et la politique que nos élus font suivre à la Sécurité sociale rend les conditions de ceux qui produisent encore chez nous toujours plus compliquées.

En imposant des prix toujours plus bas, la Sécu incite à la délocalisation.
On en parlait sur le podcast des Forces Françaises de l’Industrie (disponible sur toutes les plateformes d’écoute). C’était avec Laure Lechertier, des laboratoires UPSA.

Parce qu’on fait sans cesse monter les contraintes et les coûts de production sur son usine d’Agen, UPSA voit sa rentabilité menacée. C’est pourtant l’un des rares laboratoires à produire du paracétamol en France. Le Dafalgan et l’Efferalgan sont même certifiés Origine France Garantie.

Les autres laboratoires se sont adaptés à cette politique court-termiste en allant produire en Inde ou en Chine afin de reconstituer leurs marges. C’est ainsi que sont parties nos usines.

Est-ce vraiment cela que nous voulons ?

Alors que le patron de Moderna nous alerte sur les risques de nouvelles pandémies ou de bioterrorisme ?

Si ces scénarios catastrophes se produisaient, nous n’aurions plus d’usines pour produire des médicaments. Nous devrions alors, comme cela a été le cas pendant le Covid, attendre que les pays producteurs daignent nous livrer.

Le problème n’est pas que la France n’a plus d’argent. L’État et la Sécu en dépensent plus que jamais.

Le problème, c’est ce que nous faisons de l’argent dépensé :
– Pas de clim dans les hôpitaux, pas de médicaments dernier cri dans les pharmacies.
– Mais on vient de voter des congés parentaux trop longs et des retraites trop précoces. Cela génère un déficit de plus de 80 milliards sur cette année. Et ça n’est qu’un début.

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