Pour éviter la crise qui vient, « les mesures nécessaires seront-elles prises par nos gouvernants ou seront-elles déléguées au FMI ou à la BCE ? ».
Excellente question d’Eugénie Bastié, sur le plateau très relevé de son émission Le Figaro Le Club. Nos élites auront-elles le courage de réformer ? Ou attendent-elles que les mesures impopulaires nous soient imposées par nos créanciers ?
Autour d’elle, deux professeurs des universités :
- Dominique Reynié, docteur en sciences politiques, DG de la Fondation pour l’innovation politique,
- Pierre Vermeren, docteur en histoire reconnu.
Face à la question de la journaliste, tous deux ont convergé vers une même réponse :
- Nous sommes un peuple qui n’a pas été préparé par ses élites à la dureté des mesures qui vont s’imposer.
- Ainsi, continuons-nous à prendre nos rêves pour des réalités. C’est-à-dire que la France pourra s’en sortir en demandant des efforts aux autres. (Les riches, les vieux, les entreprises, selon la chapelle politique à laquelle on appartient).
- Vu les programmes et les discussions budgétaires en cours, ces élites ont l’air de vouloir continuer à nous bercer. Elles n’annoncent pas qu’il faudra prendre des mesures difficiles et changer un système qui ne marche plus, mais auquel nous sommes attachés philosophiquement.
- Les prochains gouvernants seront donc élus sans avoir annoncé les actions qu’ils devront pourtant prendre.
- Le peuple les détestera donc encore davantage qu’aujourd’hui.
Pourtant, selon Dominique Reynié, il suffirait de faire dès maintenant des efforts à notre portée pour éviter la crise terrible qui menace. Comme travailler plus.
Mais, ajoute Pierre Vermeren :
- Le discours des « entrepreneurs révolutionnaires » s’y oppose.
- Ils promettent des choses un peu bêtes : ne pas payer la dette, « voler les banquiers et voler les riches » pour nous en sortir sans effort.
- Mais ces énormités séduisent pourtant une part importante de la population.
Pour l’historien, cela va probablement nous conduire à un nouvel épisode de troubles porteurs de morts et de destructions. Comme ceux qui ont accompagné la naissance de nos cinq Républiques.
« C’est toujours la même chose en France. » Parce que nos élites sont idéologisées, elles « refusent le réel ». Alors, quand le réel s’impose, ces élites sont balayées et le pays passe par une phase violente avant de s’adapter à la nouvelle situation.
Si rien n’est fait, il arrivera, selon ces deux chercheurs, ce qui est arrivé aux précédentes élites. Et au pays ce qui lui est déjà arrivé.
Qu’en pensez-vous ?