Retraites des fonctionnaires : pourquoi dévorent-elles le budget de l’État ?

Pour Laurent Moisson, notre cofondateur, les retraites des fonctionnaires pèsent sur l'école, l'hôpital et l'armée, un coût que Bercy et les élus ont longtemps passé sous silence.

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Dominique Seux, éditorialiste, qui dénonce le poids des retraites des fonctionnaires dans le budget de l'État

Dominique SEUX (C dans l’air) : « Notre pays a une préférence pour les plus âgés au détriment de la jeunesse ».

Certes, nous avions déjà les yeux rivés sur un mouvement lycéen qui a, depuis, complètement dégénéré.

Mais une bombe capable de discréditer des partis politiques entiers vient de passer crème. Dans une sorte d’indifférence très française.

Le gouvernement a révélé la semaine dernière ce que nous étions quelques-uns à répéter à tue-tête : les retraites des fonctionnaires dévorent les budgets de l’État.

Rendons hommage à l’ancien haut fonctionnaire Jean-Pascal Beaufret. C’est lui qui a dévoilé ce que Bercy et nos élus se sont bien gardés de nous dire pendant des décennies.

Pourquoi c’est important ? Parce qu’il est difficile de :

  • S’indigner parce que l’école manque de moyens.
  • Lorsqu’on s’est opposé à toutes les réformes des retraites des fonctionnaires.

Car les Retraites dévorent, en douce, 32 % du budget de l’Education nationale.

Oui, 32 % de ce qu’on prélève sur nos salaires, notre consommation et nos entreprises pour financer l’éducation de nos jeunes va ailleurs. Pour financer « les retraites les plus longues de l’OCDE », comme le dit Dominique SEUX.

Que personne ne s’acharne sur l’Éducation nationale. Car c’est exactement le même principe pour le reste de la fonction publique.

L’hôpital manque de moyens et vous attendez des heures aux urgences ? Normal, entre 25 et 30 % de ce que vous pensiez dédier au paiement des soignants qui travaillent finance en réalité le déficit de leurs retraites.

Pour l’armée ? C’est pareil. La territoriale ? Même combat.

Ce qu’on nous disait quand on proclamait que le déficit de la Sécu était faible,  » c’était du mensonge ? », demande alors Aurélie Casse.

« Non, c’était camouflé, répond Dominique SEUX. Est-ce qu’il y a eu une sorte de consensus mou entre la Cour des comptes, les hauts fonctionnaires, pour ne pas dire les choses ? Ça n’est pas complètement impossible. »

N’allait tout de même pas penser que ceux qui dirigent l’État (hauts fonctionnaires et personnel politique souvent issus des mêmes parcours) étaient à la manoeuvre pour bénéficier d’un régime de retraite qu’ils ont si bien défendu. Ce serait méchant.

Mais la prochaine fois que, du haut de leurs institutions ou de leurs sièges d’élus ils vous diront :

  • Qu’il faut taxer les riches, les employés et les entreprises.
  • Et que les déficits, ce sont les allègements de charge…

… N’oubliez pas d’éclater de rire.

L’information est donc intéressante. Elle est pourtant passée inaperçue.

Un jour, notre pays se rappellera qu’être indifférent aux causes et pleurer sur les conséquences, c’est un peu bête.

Ce jour n’est visiblement pas venu. Dommage. Parce que ça nous coute cher.

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